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Le Vatican lève le voile sur le burn-out des religieuses

Un article paru dans Donne Chiesa Mondo, le mensuel du Vatican, révèle la mis en place par Rome d’une commission pour résoudre le problème de l’épuisement psychologique des religieuses au sein de l’Eglise.

659 445. C’est le nombre de religieuses encore “actives” à ce jour dans le monde. C’est quasiment 10% de moins qu’il y a dix ans. Et ce chiffre pourrait bien encore dégringoler si l’on en croit un article paru récemment dans le mensuel Donne Chiesa Mondo dédié au burn-out dans la vie religieuse. 

Vous croyiez l’épuisement professionnel réservé à la vie de bureau ?  Cette maladie qui se traduit par un stress intense lié au travail touche pourtant plusieurs couches de la société et n’épargne pas non plus l’Eglise. Le cadre dans lequel les sœurs évolue est en effet propice au burn-out comme le constate Maryanne Lounghry, psychologue australienne, chercheuse au Boston College (États-Unis) et à l’Université d’Oxford (Grande-Bretagne), aussi membre d’une commission d’étude sur l’épuisement professionnel des membres des congrégations religieuses, créé par l’Union internationale des supérieures générales (UISG). 

Abus de pouvoirs en tout genre

D’après elle, le premier point de dysfonctionnement tient au déséquilibre dans les relations hommes-femmes au sein de la hiérarchie ecclésiastique. Maryanne Lounghry déclare avoir assisté durant son enquête à des situations très difficiles dans certaines paroisses où s’exerce le pouvoir absolu du prêtre sur ses employés religieux. Elle y décrit des sœurs forcées de travailler “sans consentement ni évaluations objectives”. D’autres facteurs viennent également s’ajouter parmi lesquels, l’isolement, le dénuement, les abus sexuels parfois, et le travail acharné. Car pour beaucoup de sœurs, leur mission s’apparente à un dévouement total parfois à la limite du bénévolat. Dans une précédente enquête sur le sujet,  le mensuel Donne, Chiesa, mondo dénonçait l’an dernier le « travail (presque) gratuit » de très nombreuses religieuses « en situation de travail domestique peu reconnu », au service « de cardinaux et d’évêques, aux cuisines d’institutions religieuses ou dans des tâches de catéchèse et d’enseignement »

Définir un « code du travail religieux »

L’environnement peut aussi être à l’origine de traumatismes quand certaines religieuses interviennent sur des territoires d’une extrême pauvreté et confrontés à la guerre. Pour les aider, le pape a demandé à lever le voile sur ces pratiques et à créer un centre d’accueil dédié. Parmi les solutions évoquées par Maryanne Lounghry : la mise en place de règles claires qui fonctionneraient comme pour les laïcs à la manière d’un code du travail. “Il est essentiel qu’une religieuse sache ce qu’elle peut demander et ce qui ne peut pas lui être demandé. Chacun devrait avoir un code de conduite, une lettre d’accord avec l’évêque ou le curé ; il devrait pouvoir dire à son père ou à sa sœur : « Vous savez, j’ai travaillé 38 heures cette semaine, je ne peux pas travailler le dimanche et revenir lundi, j’ai besoin d’un jour de congés« . Elle suggère aussi de définir clairement, comme dans toute notion de “travail”, des plages récréatives, de repos ou de retraites spirituelles.