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La culture chrétienne se meurt chez les jeunes en France

Les résultats d’un sondage Ifop publiés à l’occasion de l’Assomption mettent en évidence un phénomène qui ne date pas d’hier en France : la disparition de la culture chrétienne, notamment chez les plus jeunes.

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Le pape François lance régulièrement des appels du pied à la jeunesse qu’il considère comme une ressource « pour aider l’Église à rester jeune »(1). Quelle serait donc sa réaction à la vue des résultats d’une étude Ifop qui montre l’effacement de la culture chrétienne chez les moins de 30 ans en France ? Ce sondage réalisé pour le journal Le Monde a interrogé un échantillon de plus de 1000 Français de 18 ans et plus, sur leur connaissance de la religion chrétienne et de ses rites. Les mêmes questions avaient été posées 32 ans plus tôt par l’Institut de sondage et montre ainsi un recul du socle chrétien dans notre société en l’espace d’une génération.

Certes, la culture chrétienne reste encore ancrée dans notre société mais elle semble de moins en moins bien maîtrisée par ses contemporains. En effet, l’effacement du rite est l’un des premiers indices de la déchristianisation de la société. L’enquête révèle que 56% des Français déclarent connaître le « Notre Père » et 46% le « Je vous salue Marie », contre respectivement 67% et 61% en 1988. Même évolution du côté des fêtes chrétiennes dont la signification se perd. Si l’ensemble de la population semble légèrement mieux informée sur Pâques (44% connaît sa signification en 2020 contre 43% en 1988), difficile d’en dire autant de la Toussaint dont 32% ne connaissent pas le sens contre 20% en 1988.

Une déchristianisation de la société qui ne date pas d’hier

Cette rupture se manifeste particulièrement chez les plus jeunes. Si les résultats de l’enquête sont sensiblement les mêmes pour les plus de 50 ans entre 1988 et 2020, la jeune génération tire les résultats de l’enquête vers le bas. De fait,  26 % des moins de 35 ans connaissent la signification de l’Ascension, contre 44 % des plus de 50 ans. Interrogé sur le sujet en 2016 pour Le Monde des religions, Paul Veyne, historien, expliquait que le déclin du christianisme n’est pas nouveau, et qu’il a réellement commencé à toucher l’ensemble de la population au XIXe siècle. « L’Europe actuelle est démocrate, laïque, partisane de la liberté religieuse, des droits de l’Homme, de la liberté de pensée, de la liberté sexuelle, du féminisme et du socialisme. Toutes choses qui sont étrangères, voire opposées, au catholicisme d’hier et d’aujourd’hui« .

 

(1) Exhortation apostolique « Christus vivit », Synode d’octobre 2018 sur les jeunes