le direct Musique sacrée

Hans Bederski : « Les Libanais sont courageux. Il sera difficile de les faire plier »

Un mois jour pour jour après la double explosion qui a partiellement détruit Beyrouth, Hans Bederski, directeur national de Vision du Monde Liban, une association de solidarité internationale qui vient en aide aux enfants les plus vulnérables, nous emmène dans les ruines d’une ville qui tente de se reconstruire. Témoignage. 

Hans currently serves as the National Director for WV Lebanon. He brings to the position 25 years of development experience from around the globe, including twelve years as a National Director World Vision in Uzbekistan, Bosnia and Herzegovina and the South Caucasus. Originally from Peru and a grandson of German labor migrants, Hans obtained his Masters in Animal Sciences from the University of Arizona in the USA. Hans is married and has two daughters aged 11 and 17. While in Lebanon, Hans attends the Evangelical-Lutheran Church in Beirut.
Hans currently serves as the National Director for WV Lebanon. He brings to the position 25 years of development experience from around the globe, including twelve years as a National Director World Vision in Uzbekistan, Bosnia and Herzegovina and the South Caucasus.
Originally from Peru and a grandson of German labor migrants, Hans obtained his Masters in Animal Sciences from the University of Arizona in the USA. Hans is married and has two daughters aged 11 and 17. While in Lebanon, Hans attends the Evangelical-Lutheran Church in Beirut.

Radio Notre Dame : Pouvez-vous nous décrire la situation sur place ?

H.B : Au premier coup d’oeil, lorsque l’on sort dans la rue à Beyrouth, un mois après l’explosion, on peut constater qu’il y a déjà un peu plus d’ordre, les déchets ont été enlevés, la circulation est revenue à peu près à la normale, mais il reste encore l’image des bâtiments détruits autour du port. On peut aussi percevoir  la souffrance sur les visages des personnes qui ont faim. Beyrouth est une ville blessée. Les quartiers autour du port constituaient le coeur de la ville. On voit les établissements, les entreprises, les boutiques fermées. Beaucoup de bâtiments sont tombés, en ruines.  Les images qu’on voit de la ville c’est une image qui rappelle la guerre civile, à la seule différence que la destruction de Beyrouth par l’explosion a pris seulement quelques secondes quand la guerre s’est étalée sur 10 ou 15 ans. Il faudra beaucoup de temps pour revenir à l’état de Beyrouth avant l’explosion.

Radio Notre Dame : Expliquez-nous un petit peu quelles sont vos missions sur place, l’objectif de votre association ? 

H.B : Notre premier objectif est de s’adresser aux familles pauvres ou de classe moyenne avec des enfants, dont les habitations sont détruites, les chômeurs, les personnes qui sont sans emploi. Nous leur apportons des vivres alimentaires, les soutenons dans l’éducation des enfants. Nous leur apportons des produits de première nécessité, hygiéniques. Nous tentons de les aider à reconstruire leurs habitations avant que l’hiver n’arrive puisque à partir de novembre, il va commencer à faire froid ici au Liban.

Radio Notre Dame : Il faut savoir que l’aide humanitaire est compliquée par la pandémie de la Covid-19. Concrètement, qu’est-ce que cela change pour vous dans vos missions ? Quelles sont les nouvelles contraintes ? 

H.B : Cela pose des contraintes sérieuses, pour notre personnel et les volontaires qui s’exposent au Covid-19. Il est d’abord important qu’ils soient protégés avant d’aider la population. Quand nous portons assistance aux personnes vulnérables, nous veillons à mettre en place toutes les dispositions sanitaires requises, en maintenant la distance entre chaque individu lors des distributions. Ils reçoivent des kits de désinfection pour se laver les mains et reçoivent des masques de protection.

Radio Notre Dame : Comment gère-t-on d’ailleurs la crise sanitaire liée à la Covid-19 ?

H.B : Au début, la crise était très bien gérée, on a pu juguler la propagation du virus mais à partir de mai/juin, nous avons enregistré une résurgence des nouvelles infections. Avec l’explosion qui a détruit partiellement certains hôpitaux, des postes de secours, ça a certainement compliqué les choses. Gérer à la fois les blessés de l’explosion du 4 août et l’augmentation du nombre de cas Covid est une tâche particulièrement complexe. Certains blessés restent d’ailleurs toujours hospitalisés dans les centres de première urgence faute de place.

Radio Notre Dame :  Comment aujourd’hui les structures médicales arrivent à faire face à, à la fois, la prise en charge des patients Covid et celle des patients blessés par l’explosion ? 

H.B : Les structures médicales se débrouillent mais elles sont au maximum de leurs capacités. Elles ont vraiment besoin de l’aide auxiliaire de l’organisation humanitaire. Le travail des associations est coordonné par ce qu’on appelle les groupes de travail chapeautés par les Nations Unies. Chaque secteur a son groupe de travail et chaque organisation humanitaire comme Vision du Monde s’enregistre dans ce groupe pour se partager les sommes, les bénéficiaires et s’assurer que toute l’aide puisse couvrir toute la ville et atteindre le plus de monde possible. L’aide qui vient de la France et de Vision du Monde France par exemple est organisé par notre bureau sur le terrain. Les dons qui viennent de l’Etat Français servent notamment dans le cadre d’appels à projets.

Radio Notre Dame : Comment s’envisage l’avenir ici à Beyrouth ? 

H.B : Les Libanais sont difficiles à faire plier. Beyrouth est une ville historique avec beaucoup d’héritages. Les Libanais sont un peuple courageux qui va faire face à cette situation difficile. Nous sommes là pour les soutenir et leur donner le courage de « reprendre les affaires ».

 

Pour faire un don à l’association Vision du Monde, rendez-vous sur le site.

Radio Notre Dame · Témoignage de Hans Berderski, directeur national de Vision du Monde Liban

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *