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Depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, l’intolérance religieuse n’a pas faibli

 

Cinq ans après la tuerie de Charlie Hebdo, Reporters sans frontières rappelle que l’intolérance religieuse sévit toujours dans le monde et menace la liberté d’expression.

Le 7 janvier 2015, douze hommes et femmes étaient abattus lors de l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo. Cinq ans après cette tragédie visant un organe de presse, l’organisation Reporters sans frontières a rendu ses conclusions sur l’état de la liberté d’expression en France et dans le monde. Résultats, les journalistes continuent d’être menacés dans leur fonction à travers le monde. En cause, la montée de l’intolérance religieuse et les propos de haines véhiculés par les réseaux sociaux. RSF appelle ainsi les organisations internationales et les Etats à protéger les journalistes face à l’intolérance religieuse. 

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Qu’est-ce que la tolérance religieuse ?

 

Pour rappel, la tolérance religieuse invoque notre capacité à accepter un élément, un discours, une représentation contraire à une règle morale, civile ou physique particulière. A titre d’exemple, le dimanche 11 janvier 2015, des millions de Français s’étaient mobilisés dans les rues de Paris et en régions pour soutenir la tolérance sociale et religieuse, la liberté de la presse et la liberté d’expression. A l’inverse, l’intolérance religieuse représente le fait de ne pas laisser de place aux droits de l’homme (liberté de pensée, d’expression) et d’étouffer toute diversité et tout pluralisme. En 2010, l’organisation Minority Rights Group (MRG) désignait cette notion comme l’une des causes majeures des persécutions contre les minorités dans le monde. D’après Elisabeth O’Casey, directrice du plaidoyer de Humanists International interrogée par RSF, “remettre en question, nier, ou même se moquer des idées, qu’elles soient religieuses ou autres, n’est pas seulement un droit de l’homme, il est essentiel pour le progrès de la société”.

 

La tolérance religieuse implique notamment l’exercice du blasphème, que l’on retrouve en fil rouge des journaux satiriques comme Charlie Hebdo. Or, de nombreux états (68 au total) continuent encore de punir les auteurs de blasphème, avec des sanctions allant de l’amende à la peine de mort. Les situations les plus extrêmes sont perpétrées en Arabie Saoudite où tout culte autre que l’islam est interdit, en Egypte, en Somalie, Mauritanie, Brunei, Pakistan, Inde, Afghanistan. 

Ailleurs dans le monde et notamment en Europe, des progrès sont à noter depuis 2015. L’Islande (2015), Malte (2016), le Danemark (2017) ou encore l’Irlande (2018) ont dépénalisé le blasphème. 

 

Que dit le cadre juridique français ?

En France, la dépénalisation du blasphème est actée depuis 1881 et l’apparition de la loi sur la liberté de la presse. Néanmoins, la « provocation aux crimes et délits » ou l’incitation à la haine ou à la violence en raison de la religion restent sanctionnés.

Aujourd’hui, l’actualité “grossit” chaque jour ou presque de nouveaux actes d’intolérance religieuse dans le monde. RSF parle même d’un “carcan religieux qui enserre l’information”. On se souvient par exemple de ces deux journalistes turcs condamnés en 2016 à deux ans de prison pour avoir reproduit la fameuse Une de Charlie Hebdo post-attentat ou encore ce blogueur bangladais qui en avril 2017 avait été inculpé pour avoir diffusé des propos diffamatoires contre le Prophète. Ces condamnations s’étendent désormais en place publique avec l’influence grandissante des réseaux sociaux. L’ancienne journaliste de Charlie Hebdo, Zineb el Rhazaoui reçoit régulièrement des menaces de morts et appels à la violence et au viol qui lui valent d’être encadrée sous protection judiciaire. Selon Xavier de Bonnaventure,  chargé d’enseignement en droit public à Paris II, invité de Radio Notre Dame dans Café Serré, “nous sommes dépassés par les réseaux sociaux”. La principale conséquence selon Alexandre Vesperini, conseiller de Paris, élu du VIe arrondissement, aussi invité de Café Serré, c’est l’autocensure : “A force de se dire qu’il ne faut choquer personne, on finit par ne plus se parler”.

 

Commentaires

  1. Eh oui la liberté d’expression est menacée dans le monde et pas que!
    A Paris aussi!
    Et là ce ne sont pas les réseaux sociaux qui mettent le brun, ce sont les institutions locales qui dénient aux opposants au projet de loi de réforme bioéthique le droit de s’exprimer.

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