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Reprise des messes : « le peuple de Dieu nous a manqué ! »

« Vivement demain » : au 14ème jour du déconfinement, certains lieux de culte ont pu rouvrir leurs portes. Louis Daufresne fait le point avec le Père Denis Branchu et le père Pierre Vivarès. Avec Olivier Brandouy, il fait également le point sur la « baromètre COVID 19 ».

Le Père Denis Branchu est  curé de la paroisse Saint-Pierre de Montrouge (Paris XIVe). Il était sur le pont ce week-end pour assurer les messes dominicales avec l’ensemble des membres de la paroisse. « Cela a été une grande joie pour beaucoup ! », témoigne-t-il. « Dans mon église, nous avons 1100 places d’habitude, là nous avions seulement 248 places possibles ». Du coup, cesont 7 messes dominicales qui ont été organisées au lieu de 4 habituellement, grâce, notamment, à des paroissiens volontaires pour la désinfection. « Nous n’avons refusé personne », se réjouit le père Branchu, « car les gens se sont bien répartis entre les différentes messes ».

« Il faut sacrifier un peu de convivialité »

Même constat du côté du Père Pierre Vivarès, curé de Saint Paul Saint Louis dans le Marais et auteur de « Notre église est au bout de la rue » (Presses de la Renaissance) : « les fidèles sont très respectueux des consignes… Nous avons tout pu mettre en oeuvre rapidement« , avec la mise en palce notamment de 250 chaises au lieu de 700 chaises habituellement. « Le corps du Christ qu’est l’Eglise et le peuple de Dieu nous avaient manqué », ajoute le père Vivarès », « cette dimension de corps reste encore un peu difficile à ressentir car les gens masqués , la prudence est de mise, ce sera plus détendu par la suite ».

« Une mine d’or pour affiner les modèles des scientifiques »

Dans « Vivement demain », Louis Daufresne reçoit également Olivier Brandouy, vice-président de l’association Datacovid, pour évoquer le bilan du « baromètre COVID 19 » réalisée par Datacovid avec IPSOS. Chaque semaine, depuis le confinement, ce sont près de 5000 Français qui sont ainsi interrogés pour réaliser « des éclairages sur l’épidémie, dans une démarche citoyenne ». L’objectif : « ce n’est pas un sondage d’opinions, mais c’est à visée scientifique », souligne Olivier Brandouy, afin de réaliser des modélisations sur le plan comportemental et sociologique. Le constat est clair : « le confinement a été une période d’introspection avec un fort sentiment d’anxiété face au virus qui a peu évolué », dit-il. Apparaît désormais une nouvelle polarisation avec l’émergence d’autres peurs comme celle de ne pas retrouver d’emploi, celle du chômage ou encore celle de de ne pas réussir ses études. Pour Olivier Brandouy, « le rapport au travail a changé, cela aura des conséquences très concrètes », ajoute-t-il, « la vie familiale va avoir plus d’importance dansle quotidien des Français… Les questions de santé ont également beaucoup intéressés les citoyens, avec l’envie de pratiquer plus souvent une activité sportive ». Autre tendance de fond à noter : « 30% des Français font du climat une préoccupation principale » et « 60 % des Français sont pour une relance économique sous condition environnementale ».