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Après le Covid-19 : François-Xavier Marquis propose des clés pour une société nouvelle

Vivement demain – Repenser la société après le Covid-19 ? C’est d’ores et déjà possible et c’est même indispensable aux yeux de François-Xavier Marquis. Pour l’auteur de « Après le Covid-19, l’espoir d’une société nouvelle » (Librinova), si l’endettement est une réponse à court terme, il faut construire une société nouvelle. Explications au micro de Louis Daufresne.

book-8815François-Xavier Marquis est docteur Projet Produit Nouveaux Mines de Paris, ingénieur AgroParisTech et cocréateur de la « Grande École du Numérique » en 2015. Il est aussi l’auteur de « Après le Covid-19, l’espoir d’une société nouvelle » (Librinova), un livre éphémère dont l’intégralité des droits est reversée au Samu social.

« Je vois l’espoir d’une société nouvelle car je suis un déçu de la société ancienne », explique-t-il, « la pandémie, en arrêtant l’économie, nous a permis de voir toutes les failles que nous avons dans notre modèle de société, notre modèle économique, notre modèle de travail et de vivre ensemble », souligne François-Xavier Marquis, « pendant 2 mois, on a pu voir tous nos dysfonctionnements ». Et de citer l’exemple des masques, « illustration de notre modèle de production qui repose sur la vitesse, sur l’optimisation financière et non sur la maîtrise des flux, des stocks et de la disponibilité ».

Notre modèle est fondé sur la vitesse

Il rappelle comment s’est construit notre actuel modèle économique et social. « Jusqu’aux années 70, on faisait l’expansion physiquement, puis est venu le temps des finances, et, dès 1984 , celui des produits financiers avec des échanges de plus en plus rapides (à la nanoseconde) ». Résultat : « cette extrême vitesse fait que tout ce qui est ralenti n’est pas rentable », explique François-Xavier Marquis. Mais la crise de la pandémie a joué comme révélateur : « on voit que la résilience et la réactivité reposent avant tout sur le fait qu’on ait anticipé donc ralenti les flux ».

« Mon ennemi c’est la finance »… C’est dommage, Hollande avait raison

Aujourd’hui, l’économie réelle ne représente quasiment plus rien sur les flux financiers, pour autant elle est adossée à ces flux, donc quand l’économie financière explose, c’est l’économie réelle qui est impactée et prend tout de plein fouet. « Tout ce que nous faisons aujourd’hui est fondé sur de l’endettement, quand on ne peut plus rembourser, ça pète », lance François-Xavier Marquis, avant d’ajouter, « gagner de l’argent c’est très bien, mais à condition que cela se fasse de manière décente ».

4 principes à remettre en place

Pour lui, nous ne sommes pas encore entrés dans la crise, elle est à venir. En deux mois, est est déjà estimée à 5 mille milliards de dollars. « L’économie va se casser la figure pendant des années », souligne-t-il, « il est temps de s’interroger sur le système que l’on veut mettre en place… Et c’est à nous, peuple démocrate, de le dire… Il faut remettre en place un modèle nouveau en changeant certains paradigmes : plus de résilience, plus de territorialité, plus d’écologie ». François-Xavier Marquis appelle de ses voeux la mise en place de 4 principes :

  • Arrêter de penser que le temps est une valeur positive, « aller vite n’est pas une finalité », dit-il.
  • La monnaie doit être un indicateur d’échange et non pas un produit : « on a aujourd’hui une émission de monnaie, on ne sait même pas à quoi elle correspond », répète François-Xavier Marquis.
  • La richesse vient du terrain : « il faut donner plus de part à la création réelle de richesse, c’est le travail qui crée la richesse, le travail produit sur le terrain ». Pour François-Xavier Marquis,  la question est « comment on réindustrialise,  il faut accepter d’avoir des usines sur notre territoire ».
  • Dernier principe : l’équilibre énergie-planète. « C‘est le fondement, car l’homme a besoin de la planète et de l’énergie qui transforme », explique-t-il, « mais la ressource ne doit pas être un objet de consommation ». Il estime ainsi que le prix du pétrole ne doit pas être fixé par l’OPEP car « le pétrole appartient à l’humanité ».

Un système à bout de souffle

« L’un des grands problèmes de la pandémie, c’est qu’elle a fait oublier qu’en février 2020, on est entré dans une crise économique générée par une chute des cours de pétrole de l’OPEP…  Tous les financiers estimaient que c’était l’une des crises le plus importantes depuis la guerre », rappelle François-Xavier Marquis, « condamner la pandémie toute seule serait une erreur judiciaire, il ne faut pas masquer le dispositif qui dysfonctionnait déjà ». L’endettement ? C’est une solution « à court terme », répond-il, mais il faut réfléchir à ce que l’on va pouvoir « mettre en oeuvre plus tard, dans le long terme, pour ne pas se reprendre une crise dans 5 ans ». Et François-Xavier Marquis d’ajouter : « cet endettement va finir par porter sur nos impôts… C’est un système à bout de souffle… Je ne vois pas un avenir serein sur la base de l’endettement, c’est une logique d’appauvrissement ».