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Soeur Catherine, ermite de montagne sur le confinement : « il faut se laisser regarder par Dieu qui connaît, bien avant nous, nos limites »

A 1240 mètres d’altitude dans les Alpes du Sud : c’est là que vit, seule, soeur Catherine, depuis presque 25 ans. Le confinement lors d’hivers rudes, elle connaît. Elle raconte au micro de Louis Daufresne et nous prodigue quelques conseils.

Non loin de Gap, dans les Alpes du Sud, sur une crète, un cabanon en bois de 3 mètres sur 3 mètres, une petite grotte qui sert de chapelle, le tout atteignable au bout de deux heures de montée, charge sur le dos. C’est là que se retire soeur Catherine depuis près de 25 ans, avec une simple couchette et un petit poêle de berger. Elle a bien sur connu de longs hivers rudes, et le confinement durant 5 mois. L’oratoire, l’atelier, le bureau, la cuisine… « Le fait d’avoir toutes mes activités dans le même espace, il y avait une confusion qui se faisait », raconte-t-elle, « les personnes en ville ont à leur tour dû découvrir l’absence de trajets au sein de leur maison, plus de trajets de la maison au travail qui servent de transition… Du coup, on passe d’une activité à une autre en quelques secondes, l’esprit n’a plus du tout le temps de s’adapter », ajoute-t-elle. « J’ai résolu ce problème en adoptant autant que possible un horaire », explique seur Catherine, « il faut surtout bien marquer le début et la fin des activités ».

Accepter ses limites avec humour

« On est complètement déstabilisé, on a plein d’interdits… Il est nécessaire d’avoir des temps de méditation, de réflexion et d’oraison pour comprendre cette déstabilisation et pour faire face à notre grogne… On doit éviter les critiques injustifiées et les boucs-émissaires ». Et soeur Catherine ajoute : « il faut se laisser regarder par Dieu qui connaît, bien avant nous, nos limites ».

Dieu pour seule limite

« Tout ce que l’ermite fait, il le fait pour Dieu… Pratiquer beaucoup l’adoration, l’oraison, c’est sa le sens de ma vie… On s’aperçoit que Dieu nous prépare à quelque chose que lui seul sait… J’ai par exemple eu l’impulsion de refaire un stock avant l’annonce du confinement ».