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Retour à l’école le 11 mai : « c’est trop tôt, j’aurais attendu encore trois semaines ou un mois », affirme Luc Ferry

Philosophe et politologue, ancien ministre de l’Education nationale, Luc Ferry s’exprime sur le retour à l’école le 11 mai. Il estime que c’est précipité. Une interview réalisée par Yves Delafoy.

Manque de masques, problème des transports en commun non réglé… « Le 11 mai, c’est précipité », souligne Luc Ferry, « toutes les écoles ne sont pas préparées« . S’il ya peu de craintes de trasmission du virus Covid-19 pour les petits, ce n’est pas le cas pour les lycéens : « cela m’inquiète », dit-il. De même qu’il sera difficile à ses yeux de faire respecter les règles de distanciation sociale devant les établissements scolaires.

« La question de la reprise du travail n’est pas secondaire, l’intérêt économique est important », explique Luc Ferry, « mais la sécurité sanitaire reste première ». « Pour moi le 11 mai, c’est trop tôt, j’aurais attendu encore trois semaines ou un mois », ajoute-t-il. Et de rappeler que pour les collégiens et lycéens, il faudrait 4 masques par élève, 2 masques par jour à laver chaque jour. On est loin du compte.

« Il aurait fallu associer davantage le terrain à cette décision »

Avant d’annoncer la date du 11 mai, « Emmanuel Macron n’a pas consulté ses ministres, les maires, les Présidents de région, c’est gonflé », lance Luc Ferry, « il fallait les associer… Ce côté monarchie républicaine de la France est parfois assez arrogant ». L’ancien ministre de l’Education nationale plaide pour ce qu’il appelle « l’école des parents ». « Il ne faut pas croire que les publics les plus éloignés de l’école vont s’y précipiter dès le 11 mai », explique-t-il, « à partir du moment où ce n’est pas une rentrée universelle, les inégalités vont s’accroître ». Pour Luc Ferry, il faudrait donc former les parents, surtour ceux qui ont des enfants en primaire : « ce serait intéressant pour eux d’avoir un maître ou une maîtresse qui leur dirait d’utiliser tel livre pour parler des cours d’histoire, de parler de tel sujet… ».

Il le répète : « le meilleur moyen de lutter contre la peur, c’est de trouver un remède à la maladie, en tout cas un remède pour les cas les plus graves ».

Une victoire de la mondialisation libérale

Contrairement à ce que certains pensent, Luc Ferry estime que la pandémie et le confinement qui s’en est suivi ont assuré « la victoire absolue de la mondialisation libérale », avec « une grande victoire des GAFA, c’est grâce à eux que les gens sont restés en contact, et c’est grâce aux nouvelles technologies que le télétravail a pu se faire ».