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Pas-de-Calais : Les « Charitables » de Béthune accompagnent encore les défunts

Alors que les funérailles se déroulent en comités réduits durant le confinement, une confrérie laïque poursuit sa mission d’accompagnement des morts. Huit siècles de tradition.

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Elle a été fondée en 1188, en pleine épidémie de peste noire qui a ravagé la région : la Confrérie des Charitables de Saint-Eloi, laïque et gratuite, conduit les morts vers leur dernière demeure. Leur mot d’ordre : discrétion et secret. Et c’est toujours le même rituel qui se déroule : cape sur le dos, les mains gantées de blanc, les Charitables portent le cerceuil dans le cimetière avant sa mise en terre, retirant leur bicorne solennellement pour saluer le dernier voyage. Selon la légende, « les fossoyeurs de l’époque n’arrivaient plus à enterrer les morts. Saint Eloi, patron des forgerons, est apparu à deux maréchaux-ferrants pour leur demander de donner une sépulture décente aux défunts. La peste a disparu, les villageois ont continué ». Mais, depuis quelques semaines, ce rituel a quelque peu changé, coronavirus oblige. Désormais, les Charitables ne sont plus que cinq autour du défunt, et portent un masque sur le visage.

Soutien et réconfort aux familles

« Notre rôle reste le même. Quel que soit le rang social du défunt, nous faisons exactement la même chose », sans distinction d’âge, de positions politiques ou religieuses, explique à l’AFP, l’un des membres de la confrérie, Robert Guénot. Accompagner les familles, coûte que coûte, alors que les obsèques sont limitées à une vingtaine de personnes. « Nous sentons que nous avons une utilité sociale. Au même titre qu’un malade lorsqu’il est soigné, le mort a le droit à ce traitement digne… Nous voulons continuer d’apporter un peu de soutien et de réconfort aux familles, qui ne peuvent plus se retrouver ». Les Charitables accompagnent également par leur prière et leur recueillement, toujours dans la bienveillance.

Avec l’AFP