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Bientôt des femmes diacres ?

Le pape a annoncé aujourd’hui la création d’une commission d’étude pour réfléchir à la possibilité d’ordonner des femmes diacres.

Les femmes ne sont plus les grandes oubliées de l’Eglise. En tout cas pas sous le pontificat de François. Après avoir nommé en janvier dernier la première femme à occuper un poste de haut niveau au Vatican, le pape annonce avancer sur la question du diaconat féminin. Si le débat ne date pas d’hier, il a cependant été relancé à l’automne dernier au moment du synode sur l’Amazonie, pour trouver notamment des solutions à la pénurie de prêtres itinérants dans cette vaste région. Le sujet ayant eu le mérite de diviser les voix traditionalistes et progressistes au sein de l’Eglise avait finalement été mis de côté par le pape dans un document intitulé « Querida Amazonia » (« Chère Amazonie ») en conclusion du synode.

Un débat qui ne date pas d’hier

François ne semble pas avoir refermé totalement le dossier comme en témoigne l’ouverture d’une commission d’étude aujourd’hui. Son objectif ? Réfléchir à la possibilité d’ordonner des femmes diacres. Cette commission internationale rassemble douze membres dont cinq femmes et une française, la théologienne Anne-Marie Pelletier. Ce n’est pas la première fois que le pape Français confie ce débat à une assemblée de théologiens. En 2016, la première commission d’étude pour examiner le rôle des femmes diacres au début du christianisme n’avait pas abouti à un consensus.

Réservé aux hommes pour prononcer le sermon à la messe, célébrer baptêmes, mariages et funérailles, le diaconat n’a pourtant pas toujours exclu les femmes. En effet, aux tous débuts du christianisme, du IIIe au VIIe siècle, il est attesté que l’Eglise orientale accueillait des femmes diacres ou « diaconesses » mais leur rôle était cantonné à l’entre-soi féminin. Elles assistaient essentiellement au baptême des femmes dans la piscine baptismale et à l’onction. Lorsque la pratique baptismale de l’onction du corps entier fut abandonnée, les femmes n’ont plus exercé cette mission. Elle a toutefois été remise au goût du jour dans certaines Églises orthodoxes et orthodoxes orientales.