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Avec les représentants religieux, Emmanuel Macron entrevoit l’après

Après avoir reçu hier le pape François au téléphone, Emmanuel Macron a longuement échangé avec les responsables religieux et laïcs pour préparer l’après-confinement et notamment, la réouverture des lieux de culte.

 

La prudence. C’est le maître-mot qui ressort de l’échange qui aura duré une heure et demie hier entre le président Emmanuel Macron et les responsables religieux et laïcs. Cet entretien en audio-conférence était destiné à réfléchir sur « la cohésion morale du pays face à la crise » et « les moyens de rebondir ». Parmi la quinzaine de personnes réunies autour du président de la République, du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, le président du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, Mgr de Moulins-Beaufort. “Le sérieux des Français et leur sens de la responsabilité” a été unanimement salué,  a-t-il confié à Radio Notre Dame. 

 

 

Les lieux de culte ne réouvriront pas le 11 mai

 

Puis, assez rapidement a été abordée la question de la reprise du culte. “Nous avons pris conscience tout d’abord que l’épidémie était loin d’être jugulée”, fait savoir Mgr de Moulins-Beaufort. Si le plan de déconfinement doit être présenté à la fin du mois d’avril, une chose apparaît certaine : les lieux de culte ne rouvriront pas le 11 mai, jour de “déconfinement”. Le président a ainsi annoncé que le gouvernement prévoyait une nouvelle évaluation vers début juin ou mi-juin pour étudier la possibilité de réouverture, sous réserve de connaître les conditions très spécifiques de sécurité sanitaire. “Le déconfinement se fera très progressivement, beaucoup de choses ne seront pas possible cet été. La grande inquiétude exprimée par le président c’est le brassage de populations du nord au sud, de l’est vers l’ouest et inversement”, précise l’archevêque de Reims. 

 

Le président de la Conférence des évêques de France a par ailleurs tenu à alerter le président sur des difficultés sociales méconnues qui découlent du confinement : “J’ai souligné la situation de précarité de certaines personnes, notamment celles qui travaillent clandestinement et qui commencent à se manifester auprès des différentes associations puisqu’ils sont invisibles aux aides d’Etat. Le président a marqué de l’intérêt pour cette catégorie de personnes, concevant que notre économie fonctionne malgré tout aussi grâce à elles”. Mgr de Moulins-Beaufort a également attiré l’attention sur l’accès fortement limité des aumôniers aux EHPAD et aux hôpitaux : “On découvre que les plans d’urgence ne font pas entrer en milieu hospitalier, le personnel non nécessaire, dont les aumôniers. On ne peut pas faire reporter le poids des mourants sur les épaules des soignants.

Le président de la République a enfin rappelé l’importance de penser “l’après” collégialement, en cohésion avec ses interlocuteurs religieux et laïcs. “Il nous a ainsi demandé de nous réfléchir sur la manière de mieux organiser le monde de demain”, détaille l’archevêque de Reims.

 

Mgr Éric de Moulin-Beaufort, auxiliary bishop of Paris, at Our Lady's cathedral for the vigil for life in Paris (Île-de-France, France).
Mgr Éric de Moulin-Beaufort, président du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, a échangé avec le président Emmanuel Macron hier