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Aux Philippines, le business illicite de masques et désinfectants « sacrés »

L’Eglise philippine appelle à la vigilance après avoir découvert qu’internet était devenu un repère pour escrocs qui proposent des protections « sacrées » anti-Covid-19.

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Le pays qui compte à ce jour plus de mille morts du virus, doit faire face à un nouveau « fléau » : le commerce de protections (masques et désinfectants) dites sacrées, censées protéger du virus. Le 8 juin dernier, l’Eglise philippine a pris position contre cette tendance au charlatanisme développée sur internet, d’après l’agence d’informations UCA News. C’est précisément l’archidiocèse de Pampanga, dans le nord des Philippines, qui s’est exprimé sur le sujet après avoir découvert sur les réseaux sociaux plusieurs articles vantant les mérites de masques sacrés. D’après ces bonimenteurs du web, ces masques seraient en effet « le meilleur moyen de combattre le Covid-19 car ils purifient l’air qui pénètre dans les narines ou la bouche d’une personne ». D’autres articles tout aussi malhonnêtes invitent à se procurer des désinfectants à base d’eau bénite.

Des stratégies mercantiles

L’archidiocèse de Pampanga a rapidement coupé court aux fake news : « Il n’y a pas de substitut à l’eau bénite« , a-t-il été précisé dans le communiqué de l’archidiocèse. D’ailleurs, la conférence des évêques catholiques de Philippines a cessé d’utiliser l’eau bénite dès le mois de mars pour empêcher la propagation du virus. « Ce sont toutes des stratégies de marketing irrévérencieuses et insensibles qui profitent à ceux qui ont désespérément besoin de protection pendant cette pandémie« , a par ailleurs précisé le père Pati-an auprès de UCA News. La crise sanitaire mondiale a été une période propice au développement de dérives sectaires en tout genre et d’un marketing autour de la Covid-19, comme le souligne dans un article du Parisien la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF). Ainsi il n’y a donc pas qu’aux Philippines que sévissent des arnaques. En France, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesps) a fait fermer sept sites de vente frauduleuse de masques ou de gel hydroalcoolique et de tests de dépistage selon les informations du Parisien.

Alors que le monde reste toujours en état d’alerte face à cette pandémie, la prudence reste donc de mise.   » Ne mélangeons pas science et superstition. L’Église a suivi les conseils de nos experts en santé et nos directives liturgiques [des évêques] sont basées sur des découvertes scientifiques », a indiqué Mgr Lucilo B. Quiambao, évêque de Legazpi. Rappelons qu’à ce jour, les masques et gels hydroalcooliques « classiques », couplés aux gestes barrières, restent la protection la plus efficace contre le coronavirus.