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Affaire Preynat : la procureure requiert au moins 8 ans de prison contre l’ancien prêtre pédophile

Le procès de Bernard Preynat touchait aujourd’hui à sa fin après quatre jours de débats au tribunal correctionnel de Lyon. Il s’est achevé par un réquisitoire demandant huit ans de prison ferme à l’encontre de l’ancien prêtre.

Quatre ans et demi de procédure, quatre jours de procès, des dizaines d’heures d’audition auront été nécessaires pour écrire l’épilogue de l’Affaire Preynat. L’ancien prêtre jugé pour agressions sexuelles sur mineurs comparaissait cette semaine au tribunal correctionnel de Lyon pour des faits datés entre 1971 et 1991. Ce vendredi 17 janvier, la procureure de la République a finalement requis à l’issue de ce procès huit ans de prison ferme à l’encontre de Bernard Preynat.

En introduction de son réquisitoire, la procureure Dominique Sauves a rappelé le caractère “grave, stupéfiant, effrayant, hors norme” de ce dossier “qui mérite une réponse pénale ferme, l’enfermement, qui ne peut s’arrêter au bénéfice de l’âge”. Elle a aussi souligné que « ce procès n’est pas celui d’une lâcheté collective d’une institution mais bien celui d’un homme qui a mis en place un système pour assouvir ses pulsions et disposer d’un vivier toujours alimenté”. 

Un homme impassible devant ses victimes

 

Durant ces cinq jours de débats, neuf hommes sont venus témoigner de leurs souffrance devant leur agresseur défroqué en juillet dernier à l’issue d’un jugement canonique. L’homme âgé de 74 ans s’est illustré par des propos contradictoires, minimisant nombre de ses actes, faisant preuve d’un tempérament impassible malgré sa demande de pardon aux victimes. « Bernard Preynat n’est rien d’autre qu’un pédophile en série, qui n’est accablé que par le regard des autres, qui ne parle que de lui, lui« , a ainsi déclaré Dominique Sauvès. 

L’aspect sériel de ces abus a été confirmé par Preynat lui-même qui a fait savoir à la barre avoir agressé jusqu’à « quatre ou cinq enfants » par semaine durant les camps d’été. 

 

Quid de la responsabilité de l’Eglise ?

Ce procès a aussi été l’occasion pour Preynat de mettre en cause la responsabilité de l’Eglise en ce qu’elle n’a pas réagi suffisamment vite : « On m’a dit: ‘’tu es un malade’’ (…) On aurait dû m’aider… On m’a laissé devenir prêtre« , a-t-il expliqué. Pour rappel, l’Eglise reçoit les premières plaintes à la fin des années 1970. Ce n’est que dans les années 2007-2008 que le cardinal Barbarin arrivé à la tête du primat des Gaules en 2002, prend connaissance des agissements de ce prêtre. Il faudra attendre 2015 pour que les premières victimes prennent la parole publiquement et pour que Preynat soit d’abord “jugé” par le tribunal médiatique. L’agresseur sexuel se voit retirer sa charge pastorale en août de cette même année. Il est mis en examen puis placé sous contrôle judiciaire. 

Après quatre ans de procédure judiciaire et la libération de la parole, le jugement sera finalement rendu le 16 mars. Le dossier est d’ailleurs loin d’être clos. Un deuxième “épisode” aura lieu le 30 janvier prochain. C’est en effet à cette date que sera rendue la décision de la cour d’appel de Lyon dans l’affaire Barbarin.