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Don Bosco : « Père et Maître de la jeunesse »

Nous fêtons ce 31 janvier Saint Jean Bosco, prêtre italien fondateur de l’ordre des Salésiens, canonisé en 1934 et déclaré « Père et Maître de la jeunesse » en 1988 par Jean-Paul II. Portrait d’un paysan devenu saint.

DomboscoDon Bosco a eu une vie on ne peut plus chaotique. Né en 1815 dans une famille paysanne très pauvre, il a un demi-frère, Antoine, issu du premier mariage de son père François, et un autre frère, Joseph, né de sa mère Marguerite et de son père. Antoine est un garçon très violent et agressif, qui bat Jean et sa mère. François meurt lorsque Jean a à peine deux ans, et dès sa prime enfance, Jean doit travailler aux champs.

A 9 ans, il fait un songe : il se voit dans un pré qui borde sa maison. Devant lui il, une multitude d’enfants blasphèment et se battent. Il essaye de les raisonner, mais voyant qu’il n’obtient rien, il commence à les frapper. Un personnage mystérieux surgit alors et lui dit « pas de violence, de la douceur, si tu veux gagner leur amitié ». Les enfants se transforment soudain en doux agneaux, et une voix de femme lui dit « prends ta houlette et mène les paître. Plus tard tu comprendras le sens de cette vie ». Un songe qu’il fera à plusieurs reprises et qui détermine sa vocation.

Jean est un garçon enjoué, exubérant, qui a une très bonne influence sur les autres enfants. Doté d’une mémoire exceptionnelle et d’une intelligence vive, il récite en intégralité à ses compagnons les sermons de la messe.

Désireux de devenir prêtre, il est pourtant trop pauvre pour étudier. Mais à 11 ans, il rencontre le père Don Calosso, qui lui enseigne les rudiments du latin, de l’italien et du catéchisme.

Cependant, la violence de son demi-frère Antoine le contraint à quitter la maison. Il exerce divers métiers pour payer ses logements. Il est tour à tour tailleur, cordonnier, apprenti pâtissier, serveur… Autant d’expériences qui lui permettront de rencontrer quantité de personnes différentes, mais également d’acquérir de nombreux savoirs, qu’il enseignera à ses « fils » pour leur donner un métier.

Consacré à la Sainte Vierge

Grâce à différents bienfaiteurs et à son travail acharné, il peut enfin rentrer au séminaire, à l’âge de 16 ans (ce qui est plutôt tard pour l’époque). Élève brillant, il revêt la soutane en 1835. Sa mère Marguerite, une femme très simple et très pieuse, lui dit à cette occasion : « ce n’est pas l’habit qui honore l’état, mais la pratique des vertus. Si par malheur tu viens à douter de ta vocation, je t’en supplie, ne déshonore pas cette livrée. Quitte-la tout de suite, car j’aime mieux avoir pour fils un pauvre paysan, qu’un prêtre négligent dans ses devoirs. Quand tu es venu au monde, je t’ai consacré à la Sainte Vierge ; quand tu as commencé tes études, je t’ai recommandé presque exclusivement la dévotion à la Madone ; maintenant je te supplie de lui appartenir tout entier. Aime ceux qui l’aiment, et si un jour tu deviens prêtre, propage sans cesse la dévotion à cette bonne Mère.« 

Effectivement, Bosco garde toute sa vie une grande dévotion à la Sainte Vierge, dans sa vie « c’est Elle qui a tout fait », dit-il.

Ordonné prêtre en 1841, il s’installe à Turin. Il est immédiatement touché par la détresse d’un grand nombre de jeunes pauvres, orphelins, traînant désœuvrés dans les rues, chassés de partout, violents et analphabètes.

Le 8 décembre 1841, dans la sacristie de l’église Saint François, il rencontre Barthélémy Garelli, un jeune voyou orphelin et analphabète. Il sera son premier élève. Des centaines suivront. Bosco se penche sur ces garnement, ces voyous, rejetés par tous, il les voit comme des personnes, les reconnaît pour ce qu’ils sont. Il va accueillir des centaines de garçons que tout le monde rejette, et va aimer chacun, mais plus encore, va faire en sorte que chacun se sente aimé. Il va les instruire, les éduquer, leur offrir l’amour qu’ils n’ont jamais reçu.

Son œuvre pédagogique est colossale, autant que novatrice. « L’affection fait la confiance, et la confiance fait l’éducation« , dit-il,  « ne soyez pas des supérieurs mais des pères », enseigne-t-il à ceux qui l’épaulent. Éduquer oui, mais avec bienveillance mais fermeté.

En 1859, il fonde l’ordre Salésien (du nom de St François de Sales, apôtre de la douceur), dont la mission est le don de soi pour les jeunes. Le tout dans un climat pourtant très anticlérical et contestataire envers les prêtres.

Don Bosco est un pédagogue exceptionnel, et un travailleur acharné. Ni le manque de moyens, ni la fatigue, ni les menaces de ses ennemis ne l’inquiètent. Sa foi en Dieu et sa dévotion à la Vierge  sont ses deux piliers. Il exhorte ses « enfants » à se confesser régulièrement, à communier à l’Eucharistie, et à prier Marie, les trois clés de la sainteté selon lui.

Il meurt en 1888, complètement épuisé. Jusqu’à son dernier souffle il prie et bénie ceux qui viennent le voir. De son vivant, son œuvre a dépassé les frontières pour s’établir en France et en Amérique du Sud.

La foi de Bosco se caractérise par la simplicité : confiance et abandon totaux en Dieu. Il réalisa plusieurs miracles au cours de sa vie, notamment des multiplications de pain et d’hostie lorsque ceux-ci vinrent à manquer. Il ne s’inquiétait pas du manque, il remettait tout à Dieu.

Au soir de sa mort le 31 janvier 1888, il prononça ces derniers mots : « dites aux enfants que je les attends tous au paradis. Du haut de la chaire, insistez sur la fréquente communion et la dévotion à la Sainte Vierge ».