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Pape François en Roumanie : bienheureux les gréco-catholiques roumains de Paris

En 1999, Jean Paul II allait en Roumanie « cicatriser les blessures » du passé. 20 ans après, le pape François se rend en Roumanie du 31 mai au 2 juin pour béatifier sept évêques martyrs. Reportage auprès des gréco-catholiques roumains lors de la messe dominicale dans le XVIe arrondissement de Paris.

Le Père Cristian Crisan devant une îcone du Christ et des cierges déposés en hommage aux sept gréco-catholiques martyrs.
Le père Cristian Crisan devant une icône du Christ et des cierges déposés en hommage aux sept martyrs gréco-catholiques, dimanche 26 mai Paris XVIe.

Après la Macédoine du Nord et la Bulgarie, place à la Roumanie. Le pape François y effectuera un voyage apostolique du 31 mai au 2 juin. Le Saint-Père en profitera pour rencontrer l’Église orthodoxe, laquelle réunit plus de 80% de la population. Il procédera également à la béatification de sept évêques gréco-catholiques, morts en martyrs sous le communisme. Radio Notre Dame est allée à la rencontre de la communauté gréco-catholique roumaine de Paris, qui a célébré la divine liturgie de Saint Jean Chrysostome à la chapelle Marie Réparatrice, dimanche dernier dans le XVIe arrondissement.

Dans une arrière-salle dévolue au catéchisme, le père Cristian Crisan, en soutane noire, se souvient de ce qu’il a ressenti en apprenant la nouvelle : « Une grande joie. J’étais très touché. J’étais à l’Institut catholique de Paris pour une conférence. C’était une surprise et une grande joie de voir que notre rêve et notre désir commencent à se réaliser. On espérait et on priait pour cela. »

Sur le trottoir après la messe, Adrien, 15 ans, vêtu d’une chemise blanche, se réjouit de la visite du pape dans le pays de ses parents et fait part de ses attentes« C’est bien pour nous. Il donne de l’importance à la Roumanie. Il va visiter, il va nous parler. J’attends qu’il réunisse les orthodoxes et les catholiques afin qu’on soit plus uni. On est des frères, tous ensemble. »

Au cours de son déplacement, le pape François appellera la jeunesse roumaine à rester au pays pour le développer. La Roumanie a en effet perdu plus de 3 millions d’habitants depuis la fin du communisme en 1992. Un enjeu familier pour Damian, un jeune brun de 18 ans qui étudie le droit et l’économie à la Sorbonne : « Bien sûr que ça me parle. Je fais des études ici, donc je suis bien concerné. C’est dommage que tout notre peuple vienne en France pour des raisons économiques. C’est vraiment pour ça qu’ils [les Roumains, ndlr] sont partis, pour pouvoir gagner leur pain et continuer leur vie. Ce serait une bonne idée que le peuple revienne pour redévelopper notre pays où l’on va tous les étés. On garde les traditions, la famille, on est toujours dans la même communauté. Cela nous ferait très plaisir de tous retourner au pays. »

Une béatification inédite

Et le jeune homme a conscience que le voyage du pape se situe dans un contexte apaisé, après 45 ans de persécution religieuse : « Il fut une époque où c’était tendu. Il y a quelques années, il y avait toutes sortes de guerres, de maltraitances, de martyres de notre Église, notamment à l’époque du dictateur Ceaușescu. Durant ces temps-là, c’était très difficile de cohabiter pour les deux religions. Seule était primée la religion orthodoxe ; la religion gréco-catholique que nous sommes, nous, aujourd’hui, était très négligée et repoussée par le pouvoir. Mais aujourd’hui, il y a une entente, comme dans notre village. Il y a l’Église orthodoxe et l’Église catholique, et il n’y a aucun malentendu entre les deux. Tout est en harmonie. »

Le curé de la paroisse relève aussi le caractère inédit de la béatification que proclamera le Souverain pontife dimanche prochain : « Le fait que le pape vienne en Roumanie pour présider cette béatification, c’est quelque chose d’extraordinaire pour nous. Normalement, le pape envoie un cardinal pour célébrer des béatifications. Tandis que là, c’est lui-même, le pape de Rome, qui vient dans cette petite ville de Blaj qui est le centre de l’Église gréco-catholique de Roumanie pour présider une divine liturgie. »

Le pape François a béni le peuple roumain dans une vidéo avant son départ.

Propos recueillis par Vladimir Razimowsky

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