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Le cardinal Roger Etchegaray : « Le Christ, source de la véritable humanité »

Des racines à Espelette, le petit village des Pyrénées-Atlantiques où il a vu le jour en 1922. Espelette où le cardinal Etchegaray a ressenti sa vocation, comme il le racontait à notre micro, lorsque nous l’avions reçu à Radio Notre Dame, en novembre 2007, en tant que Grand Témoin. Rétrospective.

8 mars 2013 : Le card. Roger ETCHEGARAY (France) arrive pour une session de travail au Vatican, Rome, Italie. March 8,2013: Card. Roger ETCHEGARAY arrives for a meeting at the Vatican, Rome, Italy.
8 mars 2013 : Le card. Roger ETCHEGARAY (France) arrive pour une session de travail au Vatican, Rome, Italie.

« Mon désir d’être prêtre a surgi le jour de ma première communion. J’avais à peine 7 ans », nous racontait alors Mgr Roger Etchegaray. Cinq ans plus tard, le jeune garçon fait son entrée au petit séminaire, à quelques kilomètres d’Espelette. 13 juillet 1947 : il est ordonné prêtre. « La cérémonie était en latin, mais les chants en basque, ce fut une grande et belle fête ». Bonheur et privilège, cette même année, le jeune prêtre repart à Rome au Séminaire français pour poursuivre ses études en droit canonique. Secrétaire de Mgr Terrier, l’archevêque de Bayonne, en 1961, il est appelé à quitter sa terre natale pour monter à Paris et travailler su sein du Secrétariat de l’Episcopat. En 1962, il fait partie de ceux qui vivent le Concile Vatican II de l’intérieur, en tant qu’experts officiels. « Un concile est à la fois un sommet et une sommation », répètait le cardinal, « Dieu conduit son Eglise à un sommet pour lui montrer de là-haut la route à suivre et interpeller chacun au plus intime de son être ». Mai 68 : Mgr Etchegaray observe les manifs étudiantes et écrit : « A-t-on à quel point la crise actuelle est une crise du sens de l’homme, une crise innommée dans sa profondeur pas ceux-là mêmes qui la subissent ? C’est du Christ que le chrétiens doivent parler comme de la source de la véritable humanité ».

« Vraiment, l’homme dépasse l’homme… quand il se met au service de l’autre »

Nommé évêque en 1969, Mgr Roger Etchegaray prend la tête du diocèse de Marseille, un an plus tard. « Il y a pour moi un avant et un après Marseille », disait souvent Mgr Roger Etchegaray, « c’est à travers mes 14 années de pastorales marseillaises que je relis et déchiffre ma vie apostolique ». Après avoir été président de la Conférence des Evêques de France, il prend la tête des Conseils pontificaux Cor Unum et Justice et Paix à la demande de Jean-Paul II. « J’ai passé 20 ans à travailler pour lui et à côté de lui », expliquait l’artisan de la Rencontre d’Assise en 1986, « Jean-Paul II me faisait confiance et, plus encore, il faisait confiance à Dieu ». L’Europe de l’Est, l’Asie, l’Amérique latine, ses différentes missions emmènent le cardinal Etchegaray sur tous les lieux de conflits de la planète. C’est le Rwanda, nous confiait-il, qui restait « le plus grand chemin de croix de sa vie ». « Au creux des misères humaines, j’ai toujours noté avec émerveillement les plus hauts sursauts de l’espérance… Vraiment, l’homme dépasse l’homme », concluait alors le cardinal Roger Etchegaray, « ses énergies divines sont inépuisables quand elles se mettent au service de la fraternité et de la solidarité ».


 Le diocèse de Bayonne a annoncé ce mercredi 4 septembre 2019 le décès du cardinal Etchegaray, alors âgé de 96 ans. L’ardent défenseur d’une Eglise universellel fut, pendant 30 ans, l’émissaire infatigable de Jean-Paul II à travers le monde. Le 26 avril 2014, il s’était vu remettre la Légion d’honneur par le Premier ministre de l’époque, Manuel Valls.