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L’Aide à l’Église en Détresse fait le compte de l’année 2018

L’Aide à l’Église en Détresse publie son rapport pour l’année 2018. Radio Notre-Dame en fait la synthèse.

L’Aide à l’Église en Détresse (AED) publie son rapport annuel pour 2018. La fondation pontificale présente les comptes de l’année écoulée au Journal Officiel et informe sur l’année 2019. Fondée en 1947 par le Père Werenfried van Straaten, elle vient à l’origine en aide aux réfugiés est-allemands. Depuis, l’AED s’est développée à travers le monde et apporte secours aux chrétiens en détresse dans 150 pays. Elle dispose de bureaux dans 23 pays et effectue sa collecte auprès de 139. Chaque année, la fondation finance 5 000 projets dans 150 pays, soit un budget global de 108 millions d’euros pour l’année précédente. Les évêques font remonter les initiatives locales à l’AED, laquelle les finance grâce aux donateurs.

L’Afrique (30,7 %) et le Moyen-Orient (28,8 %) bénéficient en premier des dons. La Syrie en tête (8 615 941 €), suivis de l’Irak (6 513 501 €) et de l’Inde (5 246 706 €).  Pour la sécurité des évêques locaux, la fondation catholique ne communique pas les données relatives à la Russie et à la Chine. Presque un tiers des dons servent à la construction et à l’équipement. L’AED a par exemple rebâti des maisons détruites par l’État islamique dans la plaine de Ninive en Irak et y a relogé 60 % des chrétiens qui s’en sont enfuis. Viennent ensuite les offrandes de messe, l’aide aux réfugiés et l’aide d’urgence, la formation des prêtres et religieux, celle des laïcs et des pastoraux  dont les proportions varient de 16,4 à 11,2 %. 1 421 000 offrandes de messes ont transité par la fondation pontificale qui les redistribue, soit l’équivalent d’une messe toutes les 22 secondes. Sur les 108 268 690 € récoltés, la France se hisse au premier rang avec plus de 22 millions de dons. L’Espagne, le deuxième pays, donne huit millions de moins. Les Philippines ferment le classement à hauteur de 63 274 €.

L’Aide à l’Église en Détresse commémorera les chrétiens persécutés le 22 août

L’AED accuse une baisse de quatre millions d’euros en France par rapport à 2017. En cause : les mesures fiscales sous la présidence d’Emmanuel Macron et la faible exposition médiatique des chrétiens en détresse. La fondation internationale compte 330 000 donateurs à travers le monde : une écrasante majorité de particuliers et de familles, très peu de mécénats d’entreprises et aucune subvention d’État. Pour le premier semestre 2019, elle n’a pas pâti de la hausse de dons pour la Fondation Notre-Dame à la suite de l’incendie de la cathédrale en avril. Pierre Macqueron, rédacteur en chef adjoint au magazine de l’AED L’Église dans le monde, illustre l’action de la fondation par l’exemple d’Asia Bibi :


« Il existe d’autres Asia Bibi au Pakistan et l’Aide à l’Église en Détresse est à leurs côtés. »


La 10e édition de la Nuit des Témoins a réuni plus de 3 500 personnes lors d’une tournée dans six villes : Montpellier, Rouen, La Roche-sur-Yon, Paris, Luxembourg et Rome. La soirée a rendu hommage aux prêtres, religieux et laïcs morts en martyrs lors de prises d’otages. Pour l’année 2019, les jeunes volontaires de l’AED se rendront trois semaines en été dans 5 missions au service des Églises locales : Bénin, Égypte, Inde, Liban et Mexique.  Au programme : animer des camps de jeunes, construire des salles paroissiales, évangéliser, nourrir les réfugiés… La fondation organise aussi un concours photo jusqu’au 31 août sur le thème « Témoins de l’espérance » avec 500 € à clef en partenariat avec les Missions Etrangères de Paris, l’agence CIRIC et Famille Chrétienne. Le 22 août, proclamé par l’ONU « Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions », l’AED demandera aux chrétiens en sécurité d’aller prier pour les chrétiens en détresse qui en sont empêchés.

Données et propos recueillis par Vladimir Razimowsky