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Turquie : la guerre contre les Kurdes, le départ des Occidentaux. Le Moyen-Orient redevient une poudrière.

Résumons d’abord ce qu’est la Turquie aujourd’hui. Un pays de 80 millions d’habitants, une économie assez développée, souvent sous traitante de l’industrie européenne, mais en proie à une crise économique et sociale.

La croissance est négative, l’inflation élevée (14%), entraînant un malaise social.

Combattre les Kurdes est-ce une fuite en avant ?  La géopolitique ne peut se passer d’histoire. Rappelons-la. En 1923, au traité de Lausanne officialisant le démantèlement de l’Empire ottoman, les Kurdes furent ignorés, alors qu’ils représentent aujourd’hui quelque 40 millions. Ils réclament depuis des années une indépendance dont la Turquie ne veut pas entendre parler.

À l’issue d’un conseil de défense, l’Élysée a annoncé vouloir protéger les troupes françaises présentes en Syrie. La situation est devenue incontrôlable depuis que la Turquie a engagé une offensive contre la milice kurde et que les États-Unis ont décidé de retirer leurs soldats.

«Des mesures seront prises pour assurer la sécurité des personnels français militaires et civils présents dans la zone au titre de la coalition internationale contre Daech », a déclaré la présidence de la République, dans un communiqué condamnant l’offensive turque.

Rappelons que la situation avait été jugée «intenable» par les États-Unis qui avaient décidé de retirer  la quasi-totalité de leurs forces déployées en Syrie. Le 11 octobre, certaines d’entre elles s’étaient même retrouvées sous le feu de positions turques près de la ville de Kobané.

«Dès lors que les Américains opèrent un retrait, les Français ne peuvent plus rester tout seuls », constate Pierre Servent, spécialiste des questions militaires. Si la situation est intenable pour les États-Unis, elle l’est à plus forte raison pour la France qui compte beaucoup moins d’hommes et de moyens. Sans soutien aérien et logistique, sans artillerie, les petites unités des forces spéciales françaises ne sont pas en sécurité.

Après 2013 et la décision de Barack Obama de renoncer  à des bombardements contre des infrastructures du régime syrien, la France s’est engagée dans la lutte contre Daech en deux temps, d’abord en Irak, puis en Syrie. «Elle a joué un rôle diplomatique intense et un rôle militaire à sa mesure. Elle est le deuxième contributeur de la coalition: 90% des frappes aériennes sont américaines, 5% françaises               

Force est de constater notre impuissance à peser dans le contexte présent.

Donald Trump a également répété son intention de «détruire l’économie turque si ses dirigeants continuent sur cette voie dangereuse et destructrice.»

Contradiction : le président américain a aussi annoncé que le millier de soldats américains rappelés il y a une semaine du nord de la Syrie seraient finalement redéployés dans la région pour surveiller l’évolution de la situation.

Mike Pence, vice-président, s’est rendu en Turquie pour évoquer le dossier kurde. Selon lui, Donald Trump se serait entretenu avec Erdogan pour lui demander la «cessation immédiate» de l’invasion en Syrie et un cessez-le-feu : cinq jours sont accordés  par Erdogan.

Où va le Moyen Orient ? La Syrie en profite pour avancer ses pions avec l’aide de la Russie. Quelle géopolitique les Etats-Unis recherchent-ils, alors que le Golfe persique reste une poudrière ?

L’Europe et la France sont impuissantes face à ce chaos à l’issue inconnue : essayons de trouver avec Donald Trump une diplomatie cohérente.

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