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Si une guerre Iran-Arabie Saoudite est encore une hypothèse, le Moyen Orient reste une poudrière : tentons de l’apaiser.

Emmanuel Macron propose à l’ONU un plan en quatre points, susceptibles d’éviter le conflit entre Téhéran et Ryad avec une certaine écoute des Etats Unis.

Les données du plan  sont les suivantes :

1- Renoncement définitif de l’Iran au nucléaire.

2- Sortie du conflit au Yémen.

3- Plan de sécurité régional.

4- Levée des sanctions à l’encontre de Téhéran.

Pour mieux comprendre l’antagonisme entre les deux pays rappelons ce qu’ils représentent au niveau géopolitique.                                                                L’Iran est un pays de 82 millions d’habitants de religion chiite, vivant principalement du pétrole, en proie à l’heure actuelle à une grave crise économique entrainant une inflation de 40% et un profond malaise social. Il contrôle le détroit d’Ormuz et peut compter sur une armée aguerrie et le soutien de Moscou et de Pékin.

L’Arabie Saoudite compte 30 millions d’habitants  de religion sunnite. Sa production pétrolière en fait le numéro 1 de l’OPEP. L’industrie pétrolière représente une part majeure des revenus nationaux (68 % en 2018). Son vaste réseau d’oléoducs, de stations de pompage et de terminaux a déjà été ciblé par des drones.

Une vulnérabilité évidente mais, « l’Arabie saoudite n’a pas anticipé ce type d’attaque, explique Agnès Levallois, spécialiste de la région. «  Pendant des années, Riyad a surtout considéré les menaces intérieures, notamment de la minorité chiite présente sur son territoire, et a protégé ses infrastructures d’attaques venant du sol, négligeant les airs ».

Malgré des milliards de dollars investis chaque année en matériel militaire, Ryad assure mal sa protection. « Ces contrats d’armement sont surtout des assurances-vie, les Saoudiens attendent un soutien militaire en retour des investissements, car ils ne sont pas en mesure de se protéger seuls. »

Allié historique de Washington, le prince héritier Mohammed Ben Salmane s’est entretenu avec Donald Trump pour s’assurer de son soutien militaire. « Les moyens humains de l’armée saoudienne, très jeune, sont insuffisants. Cette armée en construction n’a pas la discipline et la formation militaire à la hauteur de sa puissance de feu ».

Le constat est clair : Ryad ne peut contrer une attaque iranienne. Mais soyons lucide : l’embrasement de la région déclencherait  une crise mondiale sans précédent.

Crise pétrolière, bien entendu, mais avec des conséquences financières et géopolitiques pouvant être apocalyptiques.

La France propose un accord raisonnable : il faut qu’il soit soutenu dans un premier temps par Londres et Berlin, puis ensuite par Moscou. Donald Trump devrait écouter ses alliés pour éviter à l’Amérique un drame bien pire que la guerre d’Irak.     Reste la Chine : elle défend  Téhéran et maintient ses achats de pétrole.

Sur 70 tankers iraniens, au moins six d’entre eux ont livré de l’or noir à la Chine.

Le New York Times rappelle que l’achat de pétrole à Téhéran n’est pas en soit illégal dans la mesure où la décision de Washington est unilatérale. Mais des entreprises étrangères violant les consignes américaines s’exposent à des mesures de rétorsion si elles travaillent avec des banques ou des sociétés basées aux Etats-Unis.

Résultat: selon le cabinet Kapler, les exportations de pétrole iranien par voie maritime sont tombées de plus de 2 millions de barils par jour début 2018 à 400.000 barils en juillet.

Le conflit entre Washington et Téhéran a pris une nouvelle tournure depuis que les autorités britanniques ont arraisonné fin juillet le pétrolier iranien, Grace 1, au large de Gibraltar. En représailles, Téhéran a depuis arraisonné trois navires étrangers dans le Golfe persique, par où transite environ un tiers du pétrole acheminé par voie maritime dans le monde.

Que faire, alors que l’anarchie politique paralyse les Etats-Unis, le Royaume Uni et une partie de l’Europe ? Au niveau diplomatique la France est écoutée au Moyen Orient : son plan proposé  est géopolitiquement  susceptible de rétablir la paix.

Travaillons à convaincre Washington et Téhéran : dans cette attente il faut faire cesser les attaques de drones.

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