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Moscou défenseur de la civilisation chrétienne. Avec la Turquie contre l’OTAN ?

Vladimir Poutine s’est rendu pour la troisième fois au Vatican afin de rencontrer  le pape François. Le président russe a entamé  sa visite à Rome par un long entretien avec le Saint Père : un tête-à-tête de 55 minutes que Poutine a qualifié de « substantiel », et  un échange de cadeaux.

Le pape a offert une médaille commémorative de la Première guerre mondiale et une gravure représentant la place Saint-Pierre au XVIIIe siècle, ainsi que son message pour la Journée mondiale pour la paix. Le chef du Kremlin lui a donné en retour une icône représentant les apôtres Pierre et Paul et un DVD d’un film d’Andreï Konchalovski sur Michel-Ange.

Le président russe s’est également entretenu avec le cardinal Pietro Parolin ainsi que Monseigneur Paul Richard Gallagher. Dans un communiqué, les deux parties ont fait part de leur satisfaction devant le développement des relations bilatérales, « renforcées par la signature aujourd’hui d’un protocole d’accord concernant la collaboration entre l’hôpital Bambino Gesù et les hôpitaux pour enfants de la Fédération de Russie ».

Lors de leur dernière rencontre en 2015, le pape François avait demandé de « faire un effort important et sincère pour réaliser la paix » en Ukraine, sans aller jusqu’à une condamnation comme le souhaitaient les catholiques ukrainiens.

Un rapprochement important a été accompli en février 2016 lors d’une rencontre historique à Cuba entre le pape François et le patriarche orthodoxe russe Kirill : une première en 1 000 ans entre les chefs des deux plus grandes confessions chrétiennes.   Vladimir Poutine et le pape ont aussi évoqué ensemble « la préservation des sites chrétiens sacrés en Syrie ».

Poutine veut aussi une rupture géopolitique après la cassure de l’OTAN  en livrant à la Turquie des missiles. Il est vrai que pour Donald Trump la conquête de la Crimée, ou plutôt sa reconquête puisqu’elle est un berceau de la Russie historique, comme nous l’avons déjà exposé. Il est d’ailleurs curieux que cette évidence n’ait été que très rarement rappelé. Yalta semble oublié.

Mais venons-en à des rappels géopolitiques majeurs. Si la Russie est le plus vaste pays du monde par sa superficie, elle n’est peuplée que par 150 millions d’habitants et son PIB est inférieur à celui de la France. Ses frontières sont certes limitrophes de l’Europe, mais aussi de la Chine avec son milliard et demi d’habitants.

Les visites au pape indiquent clairement où vont les préférences russes : vers l’Europe dont elle considère être à la fois un modèle et un complément.

Certes elle fournit à la Turquie des missiles et Donald Trump ne lui fournira passes les nouveaux avions F 35, mais les Etats Unis ne devraient plus considérer la Russie d’aujourd’hui comme un successeur du Stalinisme avec ses menaces vis à vis de l’Europe. Poutine démontre de façon quasi officielle qu’il se veut aujourd’hui le leader d’une Europe chrétienne menacée par une immigration incontrôlée.

L’objectivité géopolitique se doit de constater que la faiblesse économique de Moscou devrait amener les Occidentaux à accepter la main tendue par le Kremlin qui devra faire face aux ambitions d’un voisin conquérant : la Chine.

Pékin avec sa croissance de 6%  face aux 2% de son voisin se veut chaque jour plus ambitieux et plus conquérante.

Moscou est un complément de l’Europe et nous devons, avec nos partenaires, accepter la main tendue de notre allié historique. C’est un impératif géopolitique.

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