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Lorsque la Chine s’éveillera, le monde tremblera… Où est la vérité ?  

Alain Peyrefitte voyait ainsi  la géopolitique du futur. Mais Pékin espérait peut-être un tel avenir, mais il s’était donné un préalable : l’impératif de l’enfant unique.       

Gérer un pays d’un milliard et demi d’habitants  constitue déjà un défi sans précédent mais comment faire face à un monde de sept milliards et bientôt neuf milliards de terriens ?

Gagner le court terme est la volonté actuelle de Pékin  avec une croissance actuelle de 6% de son PIB, trois fois supérieure à celle des Etats Unis. Défier Washington est une chose, mais pour quel résultat géopolitique ?

Une des réponses est socio-économique avec pour exemple les centrales nucléaires. Alors que la France fait du sur place avec son EPR de Flamanville et un nouveau retard annoncé, Pékin applique son programme de deux centrales par an avec des conditions de travail qu’on ne trouvent qu’en Asie : des semaines de 60 heures face à nos 35 heures et 15 jours de congés annuels dans le meilleur des cas.

Par contre, d’après les experts le système financier chinois et fragile. Le poids de la dette du secteur privé “augmente rapidement” et atteint un “niveau record”, sur la base des données de la Banque des règlements internationaux (BRI).  C’est un risque caché car il est rarement mentionné. Or, cette tendance devrait se poursuivre à moyen terme. Le niveau actuel est préoccupant car il implique que le secteur privé consacrera une part de plus en plus importante au remboursement de la dette au détriment de l’investissement et des salaires. Une tension durable sur les taux d’emprunt pourrait déclencher des faillites qui affecteraient les secteurs en surcapacité, nécessitant une intervention de l’État pour éviter la contagion aux quatre grandes banques du pays.

Christopher Dembi juge que la libéralisation financière est le principal défi à long terme pour la Chine et l’économie mondiale,

Si, dans quelques années, le PIB  chinois risque de dépasser le PIB américain n’oublions pas  qu’il s’applique à une population quatre fois supérieure et que déjà se pose le problème du vieillissement du à la politique de l’enfant unique : Pékin en a conscience et préconise désormais des ménages avec deux enfants .

Soulignons que la Chine est le seul pays qui ait conscience du problème démographique : une majeure géopolitique que veut ignorer l’Afrique, l’Inde et le monde musulman. Ceci dit la Chine vise le court terme et veut surpasser en tous domaines les Etats Unis. A court terme, cela signifie, entre autre, dominer l’Asie, s’imposer à Hongkong, faire du yuan une monnaie de réserve internationale équivalente au dollar.

Que dit la Coface ?

– Endettement élevé des entreprises.

– Excédent du compte courant qui se réduit  et pourrait se transformer en déficit.

– Exposition des banques à la hausse des niveaux d’endettement des entreprises.

– Stratégie du gouvernement ambiguë sur l’arbitrage entre réforme et croissance.

– Vieillissement de la population avec épuisement progressif de la main-d’œuvre bon marché.

– Poids excessif des entreprises publiques dans l’économie.

       Certes Pékin affiche le deuxième PIB mondial et la Coface est objective. Le PIB dit beaucoup de la puissance économique chinoise, il doit toutefois être mis en relation avec la taille de sa population. Avec ce critère, les choses changent. Selon les statistiques de la Banque mondiale, le revenu national brut par habitant de la Chine en 2018 atteignait 18 140 dollars par an (environ 16 000 €).

Avec ce chiffre, Pékin se situe à la fin du premier tiers du classement mondial, entre le Botswana et la Thaïlande : loin derrière les pays les plus développés, notamment ceux du G7, où le revenu par tête est au moins deux fois et demie supérieur.

La Chine, avec l’Europe et les Etats Unis, doivent être objectifs et s’unir pour faire face aux défis de notre époque : le risque de crise financière, la démographie et le réchauffement climatique.