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Liban : quel avenir, après la démission du premier ministre et des troubles populaires qui paralysent un pays en faillite ?

Beyrouth est au bord de la révolution  avec un peuple qui manifeste quotidiennement contre la vie chère, avec une inflation qui explose, un budget  en lourd déficit, une dette insupportable, un chômage  croissant.                

      Cet ancien protectorat français de six millions d’habitants est une exception au Moyen-Orient par l’importance de la minorité chrétienne présente dans le système politique. Le président est un chrétien maronite (le général Aoun) et l’armée est dirigée par un chrétien. Par contre le président de l’assemblée et le chef du gouvernement sont  de religion chiite et sunnite.

Ce particularisme explique l’intervention du pape François. «J’ai une pensée spéciale pour le cher peuple libanais, en particulier les jeunes qui, ces jours derniers, ont fait entendre leur cri face aux défis et problèmes économiques et sociaux du pays», a assuré, dimanche 27 octobre après la prière de l’Angélus, le pape François depuis le palais apostolique du Vatican. Exhortant «tout le monde à chercher les solutions justes à travers le dialogue», il espérait encore qu’«avec le soutien de la communauté internationale, ce pays continue d’être un espace de cohabitation pacifique et de respect de la dignité et liberté de chacun aux profits de toute la région du Moyen-Orient».

Depuis le début du mouvement de contestation, les manifestants bénéficient aussi, localement, d’un soutien de poids des chefs religieux chrétiens. Pour formaliser leur solidarité avec la rue, ces derniers ont en effet lancé un appel conjoint à l’issue d’une réunion organisée au sein du siège du Patriarcat maronite, en présence de responsables catholiques, orthodoxes et protestants. «Ce que vous avez réalisé est plus qu’un soulèvement, c’est la renaissance de la patrie libanaise», avaient-ils alors assuré aux protestataires, avant de lister des recommandations précises à destination du pouvoir politique.

Les chefs religieux chrétiens du Liban font une recommandation au gouvernement « Cri de souffrance». Saluant le plan de réformes économiques actuellement en préparation comme «un premier pas positif», ils exhortent les dirigeants à aller plus loin dans leur projet de transformation du pays. «Il est nécessaire de réorganiser le gouvernement et de constituer une administration dirigée par un peuple compétent et patriote», détaillent-ils : «ce soulèvement ne s’est produit que quand la douleur est devenue insupportable. Ce cri de souffrance n’est pas fils de l’instant, il est apparu progressivement, sans que l’État ne le prenne au sérieux».                                             

Saad Hariri, premier ministre ayant démissionné, le président Aoun l’a chargé d’expédier les affaires courantes. Les troubles sociaux ont cessé et les banques fermées depuis trois semaines ont rouvert.

Ce que veut le peuple c’est une démission de l’ensemble du gouvernement et la fin du système confessionnel. Il réclame un État protecteur de l’ensemble de la population et ne veut plus du marchandage permanent entre chaque parti, ce qui a conduit à la faillite politique du pays.

Le nouveau gouvernement doit faire admettre les urgences  socio-économiques : dette (151 % du PIB), déficit budgétaire (5%du PIB), chômage (40% chez les jeunes), l’inflation (plus de 10%), l’immigration massive, les interventions géopolitiques de l’Iran et de l’Arabie saoudite.

Intervenir et aider à  la résolution du drame libanais est un devoir pour l’Occident, avec la France en première ligne pour ce pays qui appartient à notre histoire.

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