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Les vérités 2019 Venezuela : crise sociale, crise économique, crise géopolitique

 De nouvelles législatives ne permettraient pas de retrouver une démocratie apaisée. Une élection présidentielle est nécessaire et elle est exigée.  L’analyse géopolitique est claire : les jours du régime Maduro sont comptés.

Ce pays de trente millions d’habitants est en proie à une faillite d’une telle ampleur qu’elle suscite un blocus économique de la part des Etats Unis alors que le président Maduro est toujours soutenu par la Chine et la Russie.

Le président vénézuélien s’est dit favorable à des législatives anticipées, dans un entretien à l’agence publique russe Ria Novosti. Il est également prêt à négocier avec l’opposition, qui compte manifester pour convaincre l’armée de récuser Maduro et reconnaître l’opposant Juan Guaido.

Maduro est donc prêt à organiser des législatives anticipées et à négocier avec l’opposition, tout en rejetant la tenue d’une nouvelle présidentielle.

« Ce serait très bien d’organiser des élections législatives plus tôt, cela constituerait une très bonne forme de discussion politique, une bonne solution par le vote populaire», a déclaré le président à l’agence publique russe Novosti. En revanche, «les élections présidentielles ont eu lieu il y a moins d’un an, il y a 10 mois », a-t-il relevé.«Nous n’acceptons les ultimatums de personne dans le monde, nous n’acceptons pas le chantage. Les élections présidentielles ont eu lieu au Venezuela et si les impérialistes veulent de nouvelles élections, qu’ils attendent 2025 ».

L’opposition vénézuélienne manifeste pour convaincre l’armée de reconnaître à sa place, comme président, l’opposant Juan Guaido, élu par la Chambre des Députés, et bénéficiant d’un soutien international croissant.

Le risque de troubles civils est élevé dans ce pays, l’un des plus violents au monde, en plein naufrage économique et déchiré par une crise politique qui se crispe autour de deux camps : les chavistes et les opposants.

Prêt à négocier ?« Je suis prêt à m’asseoir à la table des négociations avec l’opposition, pour parler pour le bien du Venezuela, pour la paix et son avenir», a assuré Maduro.

Interrogé sur une possible médiation internationale, il a assuré qu’il y avait « plusieurs gouvernements et organisations dans le monde qui montrent une préoccupation sincère ».

Il s’est également dit «prêt à discuter personnellement avec Donald Trump, en public, aux États-Unis, au Venezuela, où il voudra, quel que soit le programme.

Il a aussi exprimé sa « reconnaissance » au président Vladimir Poutine, qui le soutient dans cette crise. Il a affirmé que le Venezuela continuait de recevoir chaque mois de l’armement russe, « le plus moderne au monde », dans le cadre des contrats en vigueur.

Le président vénézuélien a assuré que malgré la situation économique du pays, Caracas continuerait de payer ses dettes à la Chine et à la Russie, ses principaux créanciers: « Le Venezuela paye, toujours dans les temps ».

On peut en douter, après les nouvelles décisions américaines. Le Figaro estime que les Etats Unis asphyxient Caracas en bloquant ses exportations de pétrole et ses comptes bancaires. Maduro riposte en gelant les comptes de Juan Guaido et en lui interdisant de quitter le pays : riposte bien dérisoire.

Jusqu’où ira la Maison Blanche, lorsque l’on apprend que 5 000 soldats américains sont stationnés en Colombie, pays frontalier du Venezuela ?

L’histoire de ces cinquante dernières années a montré que les régimes dictatoriaux communistes  en faillite économique se sont effondrés : stalinisme et maoïsme en sont les plus célèbres exemples. Le Venezuela fait penser à l’exemple roumain. La République socialiste accentue la misère populaire et refuse le Pérestroïka : Ceausescu est renversé et exécuté en 1989.

Le présent ne sera pas la copie exacte du passé, mais face à sa faillite économique et à la détermination des Etats Unis, un nouveau Venezuela se prépare.

Commentaires

  1. Mais l’histoire de deux dernières années dément ce schéma simplificateur : la détermination des États-Unis ressemble à celle d’un commando qui tue le preneur d’otages et ses otages.La Roumanie ne s’est pas transformée par une action américaine mais dans la foulée de la doctrine de Gorbatchev: perestroïka. Partout où les USA sont intervenus ces années, c’est le massacre et le chaos sans plan de redressement. Irak, Syrie, Libye! Contre les régimes autoritaires les démocraties peuvent-elles renoncer à leurs valeurs et principes sans se renier ou sans leur ressembler ? Nous pensons avec Blandine Kriegel intervenant dans le débat « Le Monde » sur un sujet similaire que « lorsqu’un État de droit transgresse ses principes, il affaiblit ce qu’il est. »La non ingérence et l’abstention de menace dans les rapports internationaux n’est-il plus un principe cardinal du droit public moderne? Une intervention américaine au Venezuela pourrait être « pour le meilleur ou pour le pire » s’il faut paraphraser le professeur Philippe Ardant.

  2. La non ingérence et l’abstention de menace dans les rapports internationaux ne constituent-elles plus le principe cardinal du droit public moderne? Une intervention américaine au Venezuela pourrait être « pour le meilleur ou pour le pire » s’il faut paraphraser le professeur Philippe Ardant (2007).

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