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Les vérités  2019 – L’Espagne : un passé glorieux, un présent incertain et difficile, avec une Catalogne à l’avenir imprévisible

Comment ne pas rappeler, en introduction, l’histoire d’une Espagne impériale, avec Charles Quint, la grande Armada, François Ier vaincu et prisonnier à Pavie. Malheureusement, ce fut ensuite le déclin, avec un XXème siècle  souffrant d’une guerre civile suivi d’un franquisme dictatorial.            

Qu’en est-il aujourd’hui ? C’est une Royauté comptant 17 provinces autonomes. Espagne puissance moyenne, faisant partie de l’Europe. Elle compte 50 millions d’habitants, et produit un PIB de 1 300 milliards d’euros, avec une dette s’approchant des 100% de ce même PIB. Le SMIC est de 1 000 Euro  et malheureusement le chômage touche 16 à 19% de la population.

Ses points forts : un déficit budgétaire sous les 3%, une croissance supérieure à 2% avec un tourisme florissant, des prélèvements obligatoires très inférieurs aux nôtres : 35% du PIB contre 46%dans l’hexagone.

Le Parti socialiste espagnol (PSOE) du Premier ministre sortant Pedro Sanchez est arrivé en tête le 28 avril lors des élections législatives avec 29,8% des voix. Ce score ne lui permet pas de disposer d’une majorité au Parlement. Les conservateurs du Parti populaire chutent à 16,7%, les centristes sont à 15,7%, Podemos  à 14,3%, et le parti d’extrême droite Vox, qui n’avait recueilli que 2% des voix il y a trois ans, franchit la barre des 10%.

Ni le bloc de gauche (Podemos et PSOE), ni celui de droite (Ciudadanos, Parti populaire et Vox), ne disposent d’assez de sièges pour obtenir une majorité absolue (176 députés sur 350). Les partis régionaux et indépendantistes seront donc les faiseurs de roi. En ce qui concerne Vox, il a suscité un séisme politique, car il fait une entrée en force  dans un pays où l’extrême droite était absente depuis la mort de Franco en 1975.

Concernant l’immigration, plus de 57 000 clandestins sont arrivés  par la mer durant l’année 2018, soit près de 160 réfugiés par jour, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Avec un triste record : celui du nombre de morts et de disparus en Méditerranée, estimé à 769 par l’OIM, soit plus du triple qu’en 2017. L’Espagne est devenue la principale porte d’entrée de clandestins africains en Europe, loin devant l’Italie, la Grèce, Chypre et Malte, précise El País. Entre un tiers et la moitié sont renvoyés chez eux ou quittent l’Espagne.

Le sujet sera politiquement majeur pour le scrutin des élections européennes coïncidant avec les élections municipales et régionales.

L’Espagne étant liée géographiquement à la Méditerrané, comment ne pas analyser la situation de ce verrou stratégique  que constitue Gibraltar ? Le rocher fut conquis par les Anglais en 1704 et fait toujours partie de la Couronne.

Gibraltar a une superficie de neuf km2,  abrite une population de 33 000 habitants  et une rade abritant des navires de guerre anglais. Rappelons qu’ils n’interviennent  jamais  vis-à-vis des migrants et des passeurs.

Depuis deux siècles Madrid demande à Londres de reprendre Gibraltar, mais c’est en vain. Le Royaume Uni estime que ce verrou constitue encore un atout stratégique et géopolitique majeur.

L’Espagne est pour nous un voisin et un allié indispensable : ce fut vrai dans l’histoire, avec comme point d’orgue le mariage de Louis XIV avec Marie Thérèse d’Autriche.

La collaboration doit s’affirmer aujourd’hui avec notre voisinage et en tant que partenaires au sein de l’Europe.