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Les vérités  2019 – Le Royaume Uni face au Brexit : quelques semaines de sursis (22 mai) dans la confusion ? On oublie  souvent les données macroéconomiques et géopolitiques du pays

Que le pays reste une île malgré l’Eurostar est certes une évidence, mais nous omettons plusieurs réalités, les unes qui rappellent ses alliances et les autres qui démontrent sa spécificité.         

France et Royaume-Uni  sont membres du Conseil de sécurité de l’ONU et sont les seuls en Europe à détenir l’arme nucléaire. En revanche, Londres montre son indépendance dans deux domaines :

– La  monnaie avec la livre face à l’euro et au dollar, ce qui permet à Londres,  avec la City, de rester une place financière de premier plan.                        – Ses ressources pétrolières et gazières qui garantissent au pays d’assurer les trois quarts de ses besoins énergétiques.

Quels sont les points forts et les points faibles de l’économie du pays ?

– Les points forts : l’aéronautique, la pharmacie, l’automobile,  les services financiers, un régime fiscal compétitif et attractif.

– Les points faibles : dettes publique et des ménages (124 % du revenu disponible) élevées, faible productivité et déficit de formation ne favorisant pas l’innovation. Disparités régionales entre Londres et le reste du pays, notamment en matière d’infrastructures de transport et d’énergie.

Nous retrouvons au Royaume-Uni des données macroéconomiques sensiblement équivalentes à celles de la France avec une population de 65 millions d’habitants et un PIB de 2 800 milliards de dollars.

Venons en au Brexit qui poserait aux Anglais nombre de difficultés pour leur vie courante. Ils devraient obtenir un permis de conduire international en plus de leur document national qui ne serait plus valable. Il leur faudrait un passeport comprenant plus de trois mois de validité, et les appels passés de leurs téléphones mobiles ne bénéficieront plus de la gratuité des frais d’itinérance. Par ailleurs, les véhicules sortant des usines britanniques ne seraient plus homologués pour rouler sur le continent, et vice versa. Ce serait le cas aussi pour de nombreux produits qui ne pourraient être commercialisés sans autorisation spécifique. Bien entendu l’essentiel serait la remise en service des droits de douane, avec leur personnel, pour assurer les formalités administratives.

Au niveau géopolitique le Brexit devrait résoudre deux problèmes, le premier est immédiat, celui de l’Irlande du Nord  et le second à venir, celui de l’Ecosse.

A l’heure actuelle les deux Irlande commercent librement, mais en cas de Brexit, ce ne sera plus le cas. L’Irlande du sud, catholique, se veut européenne et le restera, alors que l’Irlande du nord, protestante, se veut britannique. La paix durement acquise risque d’être soumise à de nouvelles tensions.

Concernant l’Ecosse qui a majoritairement voté anti Brexit, la dirigeante du Parti nationaliste (SNP), Nicola Sturgeon, a vigoureusement critiqué le Brexit et lié le destin de l’Écosse au résultat des négociations entre Londres et Bruxelles. Mais les partisans de l’indépendance devront faire preuve d’un peu plus de patience, a prévenu celle qui est également Premier ministre du gouvernement dévolu, à Édimbourg. Il leur faudra attendre, probablement jusqu’en 2021, “que la poussière soulevée par le Brexit retombe”.                                                                                                                  Londres se déchire entre la demande d’une extension longue ou courte du Brexit, mais Theresa May a demandé au Conseil européen un report du Brexit, alors que plusieurs de ses ministres menacent de quitter le gouvernement si elle demandait une prolongation longue, et alors que les 27sont réticents à la demande de Theresa May de la prolongation de trois mois !

Bref, c’est la confusion et la semaine à venir peut encore révéler des surprises. Regrettons que la politique politicienne oublie que l’Europe doit faire face aux multiples défis géopolitiques qui ont pour noms populismes, démographie, réchauffement climatique, crises économiques et sociales, nationalismes.

Tentons de régler au mieux cette crise du Brexit : Winston Churchill et Charles de Gaulle, aidez-nous.