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Les vérités  2019 – L’Afrique du sud : une sociologie et une économie en crise

Afrique du Sud : l’analyse géopolitique est pessimiste : le nouveau pouvoir se révèlera-t-il à la hauteur des défis ?

 Ce pays d’un million de Km2 (près de deux fois la France), compte aujourd’hui 57 millions d’habitants, alors qu’il n’en comprenait qu’environ 10 millions en 1900 et 15 millions en 1950. Nous retrouvons en Afrique du Sud le même phénomène que pour le reste du continent : l’Europe a colonisé des pays vides, alors qu’à l’heure actuelle ils explosent sous la poussée démographique : l’économie ne peut suivre, ce qui entraine à la fois des crises internes et des poussées migratoires.

Grosse différence de l’Afrique Noire avec l’Afrique du Nord qui possède un Islam, une civilisation, une écriture et une Histoire. Ce n’est pas le cas dans les pays africains qui doivent prendre comme langue véhiculaire et officielle l’anglais ou le français. C’est un impératif majeur que nous avons déjà signalé. Certes les dialectes existent et subsistent, mais ils ignorent l’écriture et cette carence expliquait, sans l’excuser, l’esclavage.

Les activités industrielles représentent 20 % du PNB et les valeurs minières (15 %). L‘extraction des minerais  dépend  de conglomérats, tels la De Beers, pour le diamant. L’Afrique du Sud est le premier pays extracteur d’or et de platine, (67 % de la production totale mondiale en 1985). Les minerais rares (65 % des réserves mondiales de chrome, 25 % du manganèse), sont recherchés pour les industries de défense et les besoins  scientifiques Le charbon fournit plus de 93 % de l’énergie électrique avec des faibles coûts d’extraction. Les industries de transformations, qui fournissent 75 % de la production et de l’emploi, sont les mieux organisées du continent africain en parvenant  au niveau des pays européens.

Le secteur agricole connait un déséquilibre entre la main d’œuvre et la production. Avec 11,2 % de surface cultivables, l’Afrique du Sud présente un visage contrasté où coexistent des exploitations modernes appartenant à la minorité blanche et des exploitations sous-développées appartenant à des agriculteurs noirs et situés dans des régions surpeuplées.

Près de 40 % de la population vit avec 3 000 rands (260 euros) par an. Le chômage a un taux officiel de 23% selon l’OIT, mais les syndicats l’estiment proche de 40 %. Une partie de la communauté blanche est effrayée par la hausse de la criminalité : de nombreux fermiers blancs ont été assassinés depuis la fin de l’apartheid entraînant une émigration en Australie ou en Nouvelle-Zélande.

Cyril Ramaphosa, président de l’ANC, préside le nouveau gouvernement, alors qu’il il doit faire face à une situation très difficile, issue de la crise de 2008. La croissance 2019  devrait être de l’ordre de 1,2%. Ramaphosa est un bon négociateur et un excellent homme d’affaires, mais son programme est pour le moins paradoxal.

1- Volonté de trouver et d’investir 100 milliards de dollars sur cinq ans, alors que les agences de notation placent le pays « parmi les investissements spéculatifs ».

2- Rechercher l’union politique et sociologique en déclarant : « travaillons ensemble blancs et noirs », mais en indiquant que les expropriations de terres pourront avoir lieu sans indemnisation !

Regardons le pays au niveau géopolitique : certes, avec le Nigéria, ce sont les leaders de l’économie africaine, mais l’environnement géopolitique de l’Afrique du sud s’est toutefois détérioré, comme en attestent les 48 rangs perdus dans le classement Doing Business, au cours de la dernière décennie (82e sur 190 pays dans l’édition 2019).

Militons pour une conciliation nationale permettant au pays de retrouver l’énergie nécessaire à sa croissance économique et sociale.