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Les vérités 2019 – Inde et Pakistan : conflit au Cachemire entre deux puissances nucléaires

 Il est latent et ne doit pas dégénérer, mais le Pakistan doit faire face à une crise financière, à une explosion démographique et à un islamisme radical.

Revoyons d’abord l’actualité. La confrontation indo-pakistanaise de 2019 est une confrontation au Cachemire, un conflit militaire limité, car aucun des deux pays n’a lancé de déclaration de guerre. Heureusement car ce sont deux puissances nucléaires. Le 14 février 2019, un terroriste musulman originaire du Cachemire pakistanais a tué 41 policiers indiens avec une voiture piégée. L’attentat a été revendiqué par un groupe radical basé au Pakistan, mais le gouvernement a officiellement condamné l’attaque et nié toute implication. Le 26 février, l’armée de l’air indienne a mené des frappes aériennes sur la frontière du Cachemire. Les frappes auraient tué 350 terroristes, un chiffre contesté par les habitants.

Les 26 et 27 février, l’Inde et le Pakistan ont échangé des coups de feu à travers la ligne de contrôle. Dix soldats indiens ont été blessés et quatre civils pakistanais ont été tués dans les échanges de tir. Le 27 février, le Pakistan a mené des frappes aériennes dans la région du Cachemire administré par l’Inde. L’Inde a déclaré que les frappes n’avaient fait ni victime, ni dégât, et le Pakistan a affirmé que deux avions à réaction indiens avaient été abattus dans leur espace aérien et qu’un pilote avait été capturé. L’Inde a demandé la libération du pilote et a prétendu avoir abattu un F-16 pakistanais. Le Pakistan a démenti et le 28 février annoncé la libération du pilote indien. Selon les accords de 1947 signés avec les Anglais, le Cachemire indien est une province autonome, mais le Pakistan la considère comme musulmane. L’islam pakistanais est un islam rigoriste et fanatique

difficilement contenu par le gouvernement et l’armée. Le cas de la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour un verre d’eau donnée à une musulmane, puis finalement graciée, en est un triste exemple.

Quel avenir pour les deux pays ? L’Inde compte 1,350 milliard d’habitants avec un PIB équivalent à celui de la France et une sociologie toujours constituée de castes. On y trouve une minorité brillante, utilisant une informatique avancée, et un peuple misérable vivant encore comme au Moyen Age.

Le Pakistan indépendant depuis 1947 ne compte, lui, que 220 millions d’âmes, dont deux millions de chrétiens persécutés et vivant dans des « favelas ». Mais le pays voit sa population augmenter de quatre millions chaque année et elle atteindrait 400 millions en 2050. Le PIB est de 305 milliards de dollars : le pays est pauvre et la moitié de la population vit dans l’agriculture. La croissance avoisinerait les 4%.

Le Pakistan bénéficie de trois atouts géopolitiques. – Les relations avec la Chine qui demeure le principal partenaire économique avec le développement du corridor sino-pakistanais (CPEC). – Son armée : elle compte 700 000 hommes, ce qui autorise des coups d’Etat malheureusement fréquents. – Son armement atomique. Le Pakistan a acquis l’arme nucléaire en consacrant un tiers de son PIB au développement de la bombe. Malgré ses difficultés économiques, en 2018 le pays a dépensé 13,41 milliards de dollars pour le budget de la défense. Mais ces atouts ne doivent pas dissimuler la fragilité financière du pays : FMI, Arabie saoudite et Chine risquent de cesser leurs aides. Ce devrait être une préoccupation en l’Occident, car selon les diverses évaluations disponibles, Islamabad a besoin d’environ 20 milliards de dollars pour équilibrer son budget cette année. Est-ce possible ? Préoccupons nous des conséquences géopolitiques de troubles graves dans un Pakistan miné par un islamisme radical.