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Les vérités 2019 – Donald Trump multiplie les ultimatums tant extérieurs qu’intérieurs

Iran, Turquie, Chine, refus du réchauffement climatique, hostilité au Congrès, refus de l’immigration. La première puissance mondiale veut s’imposer au monde tout en prônant l’isolationnisme : est-ce possible ?

Commençons par l’actualité et un problème interne aux Etats-Unis avec les conséquences du réchauffement climatique. Officiels et médias parlent beaucoup de la politique extérieure de Washington et des prises de position de Donald Trump, en omettant ce qui peut devenir un drame national : la faillite de la société PG&G, qui assure la production d’électricité pour les 10 millions de Californiens, avec son réseau de 177 000 kilomètres. Le président américain récuse encore le réchauffement climatique alors que la Californie a été ravagée l’année dernière par une série d’incendies, dus à la sécheresse détruisant les forêts et 14 000 habitations. La loi californienne rend la société PG&G responsable des dégâts : elle devrait régler trente milliards de dollars de dommages, alors que sa capitalisation est de neuf milliards. Après des semaines d’hésitation la société a déposé son bilan. Peut-on imaginer la Californie, l’Etat le plus riche du pays, privée d’électricité ?

Que peut Donald Trump ? Les rapports avec le Congrès sont déjà tendus puisque ce dernier refuse d’accorder les cinq milliards nécessaires à la construction du mur avec le Mexique, ce qui bloque les salaires de 800 000 fonctionnaires fédéraux. Comment se dénouera le conflit devant l’obstination présidentielle ? Comment sortir par le haut de cette paralysie ? Si elle se prolongeait, elle aurait « un effet notable » sur la première économie du monde, a pour sa part mis en garde le patron de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell.
Venons-en aux problèmes extérieurs
1- l’Iran. Le pays est toujours sous la surveillance et les sanctions financières de Washington interdisent les relations économiques et financières avec Téhéran. Face aux Etats-Unis, la Chine maintient sa ligne et entend garder ses relations commerciales avec Téhéran. Le ministre chinois des affaires étrangères Wang Li a qualifié l’accord nucléaire de 2015 « d’accomplissement important en accord avec les intérêts de la communauté internationale », d’après l’agence de presse Chine Nouvelle. L’annonce est intervenue alors que les Etats-Unis ont encore réitéré la menace de sanctions appliquées à tous les pays qui continueraient à commercer avec l’Iran.
2- La Turquie. Alors que la Maison Blanche prévoit de retirer ses troupes de Syrie, le président américain menace Erdogan des pires sanctions économiques s’il attaquait les Kurdes ayant participé à la lutte contre Daesch. La Turquie ne sera pas intimidée par les menaces économiques américaines concernant une milice kurde syrienne, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères. Il ajoute, malgré tout, que son pays n’était pas contre l’idée d’une « zone de sécurité » en Syrie.
Le Moyen-Orient n’est pas prêt à sortir de ses conflits.
3- La Chine. La rivalité entre les deux leaders mondiaux est d’ordre géopolitique. Un apaisement provisoire semble se dessiner. Le 2 décembre dernier, le président chinois et le président américain ont décidé une trêve dans la guerre commerciale qui oppose leurs pays. Mais cette querelle économique est-elle le prélude à un futur conflit plus global entre les superpuissances du XXIe siècle ? Les Etats-Unis restent certes la première puissance économique et militaire, mais la présidence américaine est tiraillée entre un désir de politique isolationnisme et une volonté de rester un arbitre du monde. Espérons que l’Amérique acceptera l’évolution de la planète, maintiendra son alliance historique avec l’Europe, se rapprochera de la Russie et participera à la résolution des conflits en cours. Ce sont nos vœux géopolitiques pour 2019.