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 La Tunisie : l’Europe doit aider une jeune démocratie menacée

Une démocratie liée à Bourguiba comme de Gaulle à la cinquième république à de Gaulle.

Habib Bourguiba, né probablement le 3 août 1903 à Monastir et mort le 6 avril 2000 dans la même ville, fut fondateur et président de la République entre 1957 et 1987.

Avocat formé en France, il revient en Tunisie pour militer dans les milieux nationalistes. En 1934, il fonde le Néo-Destour, mouvement pour l’indépendance de la Tunisie. Plusieurs fois arrêté et exilé, il choisit de négocier avec la Quatrième République, tout en faisant pression sur elle, pour atteindre son objectif. Une fois l’indépendance obtenue le 20 mars 1956, il met fin à la monarchie et à proclame la République, dont il prend la tête le 25 juillet 1957.

Dès lors, il s’emploie à mettre sur pied un État moderne. Parmi les priorités de son action politique figurent le développement de l’éducation, la réduction des inégalités entre hommes et femmes, le développement économique et une politique étrangère équilibrée, ce qui en fait une exception parmi les dirigeants arabes.

Ceci n’empêche pas le développement d’un culte de la personnalité autour de sa personne — il porte alors le titre de « Combattant suprême » — et l’instauration d’un régime de parti unique pendant une vingtaine d’années. La fin de sa présidence, marquée par sa santé déclinante, la montée du clientélisme et de l’islamisme, se conclut par sa destitution, le 7 novembre 1987, à l’initiative de son Premier ministre Ben Ali. , chassé par le printemps arabe

Installé après sa destitution dans une résidence à Monastir, il meurt le 6 avril 2000 et repose dans le mausolée qu’il s’était fait construire.

La Tunisie actuelle conserve une partie des mœurs occidentales, ce qui explique le refus d’aide de la part des Emirats et l’existence d’un islam radical ayant perpétré les attentats de Sousse, du Bardo et les deux derniers.

Les attentats représentent un risque majeur pour la première industrie du pays : le tourisme. Or l’économie se porte mal avec une inflation de 7% face à une croissance inférieure à 3%. Que dit la Coface ?

– Fortes inégalités sociales et géographiques.

– Taux de chômage élevé, principalement chez les jeunes.

– Secteur touristique confronté aux problèmes  sécuritaires et à une concurrence accrue.

-Tensions sociales conduisant à la multiplication des manifestations et des troubles sociaux.

– Déséquilibres structurels des comptes publics et extérieurs et augmentation significative de l’endettement extérieur.

– Situation politique instable.

Quels sont les contre-feux actuels ?

– Des facilités de crédit de la part du FMI.

– Une économie en cours de diversification.

– La proximité du marché européen et un accord possible d’association avec l’UE

– Un fort potentiel touristique.

– Des ressources minières : phosphates et pétrole.

L’analyse géopolitique estime que la Tunisie doit faire face à deux majeures : le chômage des jeunes et le terrorisme islamique : l’Europe doit aider le pays politiquement, techniquement et financièrement pour éviter, non pas un printemps mais un hiver arabe. C’est une urgence.