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La Pologne, marquée par son histoire, avec une volonté de croissance et un refus de l’immigration

C’est le pays de l’Europe le plus marqué par son passé. Envahie par l’Allemagne en 1939, partagée avec la Russie, subissant la création d’un ghetto, puis l’occupation soviétique, la Pologne s’est reconstruite depuis trente ans.                         

Elle compte 30 millions d’habitants avec un PIB de 600 milliards d’Euros et un PIB par habitant de 14 000 dollars. Analysons son économie.

Elle connaîtra probablement un léger ralentissement de sa croissance après deux années d’accélération, les plus hauts niveaux depuis 2011. La consommation des ménages reste le principal moteur, grâce au dynamisme du marché du travail.

Le taux de chômage est à son plus bas depuis 28 ans et les salaires devraient continuer à augmenter. Le taux de la banque centrale est à son plus bas niveau historique et la confiance des consommateurs demeure élevée.                  Le rebond des investissements apporte un soutien supplémentaire à la croissance et  ils sont soutenus par les  fonds de l’UE, qui ont augmenté. Les exportations représentent plus de 50 % du PIB

La situation du marché du travail est bénéfique pour les ménages et les pénuries de main-d’œuvre deviennent un frein à l’activité commerciale. Ce manque de main-d’œuvre est latent dans les secteurs de l’industrie, de la construction et des transports.   Les conservateurs nationalistes au pouvoir  ont remporté les élections législatives, obtenant 45,16 % des voix. Le parti Droit et Justice, le PiS de Jaroslaw Kaczynski obtient ainsi la majorité absolue pour un nouveau mandat de quatre ans et pourra poursuivre son programme de réformes. La principale formation d’opposition, la Coalition civique (KO, centriste), arrive loin derrière avec 26,10 % des voix.                  En place depuis 2015, le PiS  mobilise les couches défavorisées, et notamment celles des campagnes, en s’érigeant en défenseur des valeurs familiales, en promettant une nouvelle allocation familiale, la baisse des impôts et la hausse du salaire minimum, mesures qu’autorisent les très bonnes performances de l’économie.

Jaroslaw Kaczynski a clivé la société en attaquant les minorités sexuelles jugées déviantes et les élites. Il rejette les valeurs libérales occidentales, avec la bénédiction tacite de l’influente Eglise catholique.

Concernant l’immigration, l’opposition de la Pologne est catégorique et la Commission européenne a décidé en juin 2017 d’engager des procédures légales envers Varsovie et contre la Hongrie et la République tchèque, pour leur refus  d’accueillir des demandeurs d’asile dans le cadre du système de quotas décidé par Bruxelles.

En Pologne, le catholicisme est toujours puissant, mais confronté à la sécularisation. Le rapport de l’institut de statistiques officielles de l’Église catholique de Pologne, publié le 4 janvier 2018, fait état d’une légère baisse de la pratique, mais une augmentation du nombre de baptisés et de mariés à l’église en 2016.                                         Selon le dernier rapport de l’institut de statistiques de l’Église catholique, 36.7% des Polonais se rendent chaque dimanche à la messe; une participation en chute de plus de trois points par rapport à l’année 2015.

Au total, la Pologne compte 25 000  prêtres. En 2015, la France ne comptait que 11 908 prêtres diocésains.

En ce qui concerne les ordres religieux, il est dénombré en Pologne 18 000 religieuses et 11 900 religieux de vie apostolique. Le pays détient aussi 83 monastères contemplatifs sur son territoire dans lesquelles vivent 1 300 religieuses.

Il y a en Pologne 10 000 paroisses. Durant l’année 2016, 374 300 Polonais ont reçu le baptême, soit 5 000 de plus que l’année précédente, et 138 300 personnes se sont mariés religieusement, soit 2 000 de plus qu’en 2015.

Les chiffres sont sensiblement plus bas dans notre Hexagone où 262 314 personnes ont reçu le baptême en 2015, et 55 854 se sont mariés selon le rite de l’Église catholique.

En conclusion, la Pologne se sent européenne, mais son histoire passée la conduit à récuser tout apport extérieur pouvant modifier son catholicisme résistant et militant, dont le symbole est le pape Jean Paul II.

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