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Inde : un géant démographique et géopolitique. Une économie, en croissance, leader en informatique, mais un PIB équivalent à celui de la France

Avec une population d’un milliard quatre cent millions d’habitants, l’Inde est un jumeau de la Chine dont elle est voisine, mais son PIB est cinq fois inférieur. Sa croissance annuelle de l’ordre de 7% permet d’investir et d’augmenter des salaires dont la moyenne est de 150 dollars mensuels.

Par contre nous retrouvons en Inde la hiérarchie des castes, car le pays se révèle excellent dans le domaine de l’informatique et de la chimie. À Bangalore, quatre millions d’Indiens écrivent des lignes de code pour faire tourner les ordinateurs du monde entier. Si la Chine est l’usine du monde, l’Inde serait son département informatique. Avec ses bataillons d’ingénieurs qui touchent des salaires cinq fois moins élevés que leurs homologues occidentaux, le pays est devenu, depuis trente ans, un géant des services pour ordinateurs. Cette activité emploie 4 millions de personnes dans le pays et génère un chiffre d’affaires de 123 milliards d’euros, quasi intégralement gagnés à l’exportation.                                                                                                     Le pays abrite quelques-unes des plus grandes entreprises du secteur, au premier rang desquelles Infosys. Créée en 1981 par sept jeunes entrepreneurs indiens, elle emploie 200 000 salariés, dont 25 000 dans un campus ultramoderne à Bangalore. Elle a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 9 milliards d’euros. L’entreprise travaille en sous-traitance pour les grands groupes américains ou européens : banque, assurance, grande distribution…

L’essor de ces grandes entreprises a participé à structurer le secteur. L’Inde forme aujourd’hui environ 400 000 nouveaux informaticiens chaque année et compte quelques-uns des instituts de technologie les plus sélectifs. Pour nombre de jeunes Indiens, accéder à ces formations représente un passeport pour la classe moyenne. Attirés par ces ressources humaines, beaucoup de grands groupes occidentaux, Google, Microsoft, Amazon, s’implantent sur place, à Bangalore ou Hyderabad. La société de services française Cap Gemini compte désormais davantage de salariés en Inde qu’en Europe. Des dizaines de milliers d’ingénieurs indiens ont également pris le chemin des États-Unis. En 2014, c’est un Indien, Satya Nadella, qui a pris la tête de Microsoft. Et quelques mois plus tard, un de ses compatriotes, Sundar Pichai, a été nommé à la tête de Google.

– La politique.

Les élections nationales ont ancré le BJP de Narendra  Modi comme le premier parti du pays. La coalition autour du Bharatiya Janata Party (BJP) a largement gagné les élections parlementaires de mai 2019 (349 sièges sur 542) et Modi assume toujours ses fonctions de chef de gouvernement.

– La géopolitique.

Elle touche en priorité ses deux grands voisins, la Chine et le Pakistan. La Chine et l’Inde sont les deux pays les plus peuplés du monde : un  homme sur trois est chinois ou indien. Les deux pays ont longtemps été brouillés. Ils se sont affrontés sur le tracé de leur frontière commune, longue de plus de 3 500 kilomètres sur la chaîne de l’Himalaya. Mais les gouvernements sont tombés d’accord : ils ont promis de ne plus utiliser la force et de discuter pour établir définitivement le tracé de cette frontière.

Les deux géants envisagent une alliance politique et commerciale. Pourtant, les différences entre les deux États restent très profondes. La Chine est dirigée par un gouvernement autoritaire tandis que l’Inde est une démocratie. De plus, la Chine soutient le Pakistan, le principal ennemi de l’Inde.

Le Cachemire, partagé entre les deux pays, reste une source permanente de tensions avec même la menace nucléaire. Ces tensions entre les deux pays voisins se sont élevées après la décision prise par New Delhi de révoquer l’autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu’elle contrôle et qu’Islamabad revendique.

L’Inde, comme la Chine et la Russie, devrait rejoindre le G7, qui deviendrait un G10. Le bon sens comme la géopolitique réclame un Conseil mondial (G10) devant réunir les grands de ce monde.