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Algérie : quel avenir pour ce pays de 43 millions d’habitants ?  Les élections présidentielles  du 12 décembre sont-elles une bombe à retardement ?                        

En 2018, l’Algérie compte 43 millions d’habitants. Sa capitale, Alger, la ville la plus peuplée du pays est située sur le littoral méditerranéen.

Avec une superficie de 2 381 741 km2 (quatre fois la France) : le pays est à la fois le plus grande superficie du monde arabe et du bassin méditerranéen. L’Algérie partage plus de 6 385 km de frontières terrestres, avec la Tunisie au nord-est, la Libye à l’est, le Niger au sud-est, le Mali au sud-ouest, la Mauritanie et le Sahara occidental à l’ouest, et enfin le Maroc au nord-ouest.

Au niveau démographique, la population a quadruplé depuis son indépendance en 1962, époque où elle n’était que de 10 millions. Rappelons nous ce que disait alors le général de Gaulle ; « Nous donnons l’indépendance à l’Algérie car je ne veux pas que Colombey-les-deux-Eglises devienne Colombey-les-deux-Mosquées ».

Depuis la chute de Bouteflika le mouvement de contestation Hirak manifeste dans les rues d’Alger, chaque semaine : il conteste le scrutin du 1er décembre qui met en lice, selon lui, cinq candidats issus du système Bouteflika.

Pourquoi une contestation populaire aussi déterminée ? D’abord la pauvreté : le PIB par habitant est de 300 dollars par mois et le taux de chômage réel serait de plus de 20%. Ensuite le chômage. L’ONS estimait le nombre de chômeurs, en septembre 2018, à 1 462 000, correspondant à un taux de chômage de 11,7%. Le même rapport précise que le nombre de chômeurs découragés, mais non comptabilisés, est supérieur au nombre officiel et s’élève à 1 637 000. Parmi ces découragés, 30% ont des diplômes supérieurs ou sont de formation professionnelle.

Ceci  indique que le niveau de chômage réel représente, au minimum, le double du chiffre officiel, soit 22% : un niveau explosif.

Que disent les comptes publics ?  Ils sont mauvais alors que le pays pourrait s’appuyer sur ses ressources pétrolières et gazières, ce que ne peuvent faire ni la Tunisie ni le Maroc. Croissance de 2%,  déficit budgétaire supérieur à 8%, balance commerciale déficitaire. Seule la dette reste au  niveau raisonnable  de 40% du PIB.

           Ce bilan désastreux tant économique que social explique les manifestations hebdomadaires et laisse pessimiste quant au résultat de l’élection présidentielle. Parmi les cinq candidats on compte un islamiste et un militaire. En cas d’abstention massive et de soulèvement populaire, l’armée interviendra-t-elle ?

Tous les scénarios sont possibles, avec un risque pour la France : une immigration massive. Le Figaro titrait son dernier magazine  « Algérie la bombe à retardement », et son envoyée spéciale estimait que l’élection plongerait le pays dans l’inconnu et pouvait provoquer une nouvelle vague d’exil de la jeunesse algérienne vers la France. Ce que confirmait un leader de la contestation en déclarant : « Si la révolution échoue, il ne reste que du désespoir et la France devra se préparer, car nous arriverons massivement ».

La chose est clairement énoncée. Les Algériens émigreront vers la France en priorité, mais cette immigration de l’Afrique touche toute l’Europe avec quelques exceptions  qui la refusent, comme la Pologne et la Hongrie. Mais un pays se veut comme le nouveau symbole de la civilisation chrétienne, c’est la Russie qui multiplie ses visites au pape François, et a inauguré sa cathédrale orthodoxe à Paris, etc ….

Les élections du 12 décembre : une bombe à retardement ? Géopolitique et morale se rejoignent : la France est un pays de civilisation chrétienne devant déjà faire face à ses difficultés internes.

Soyons lucide : l’histoire nous a appris les conséquences de l’aveuglement.