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Fabrice Midal : « le bonheur n’est pas cet état de calme niais qu’on veut nous vendre »

Le fondateur de l’École occidentale de méditation est l’invité de Sophie Nouaille dans En Quête de Sens.  Fabrice Midal évoque son dernier livre « Traité de morale pour triompher des emmerdes ». Le philosophe le répète : nous avons toutes les clés en main pour faire face aux difficultés.

Photo-Fabrice-Midal-300x300-300x300« Ah non ! Mais pourquoi ça m’arrive à moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? J’aurais dû… ». Voilà bien souvent notre première réaction face aux petits couacs et gros soucis de la vie. « Des emmerdes, il y en aura toujours car on vit dans un monde imparfait, cela fait partie de la vie », explique Fabrice Midal. Une partie de la solution repose donc sur un changement de perspectives. c’est ce qu’il explique dans son dernier opus « Traité de morale pour triompher des emmerdes » paru chez Flammarion. De « Savoir dire non » à « méfions-nous des grands principes » en passant par « la vertu du bonjour » et « se défendre face au lion » : 20 chapitres pour nous apprendre à affronter les emmerdes.  « Il s’agit de repérer un ensemble de croyances qui nous empêchent de nous débrouiller dans la vie, des principes imposés qui nous apprennent l’impuissance, alors que l’on a en soi bien plus de ressources qu’on ne le croit », explique Fabrice Midal.

Casser les habitudes, nos croyances qui aveuglent

Adepte de la méditation, le philosophe n’appelle pas à la zénitude et au détachement à toute épreuve. Au contraire. « Il faut éviter le déni de la réalité, toute injonction sociale de conformisme qui me semble très dangereuse », souligne-t-il, « si quelqu’un va mal, il ne va pas aller mieux avec la niaiserie du bien-être, mais parce qu’il va se remettre dans le mouvement de la vie, se re-synchroniser à la vie ». En clair : plus vous luttez contre le réel, plus vous êtes sûrs de prendre à tout coup. Pas de zone de confort donc, mais une nécessité impérieuse d’entrer en relation avec l’autre et les autres, comme avec soi-même. « La vérité morale est relationnelle », insiste Fabrice Midal, « une morale qui repose sur l’intelligence de la situation ». « Ce n’est pas, je suis telle règle aveuglément et j’ai bonne conscience », ajoute-t-il, « mais c’est, je m’ouvre au réel… Ce n’est pas tout blanc tout noir, la morale est toujours entre les deux ».

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« Ne guérissons par de la révolte »

La politesse, la reconnaissance sur son lieu de travail… Autant de positionnements qui permettent de mieux faire face aux emmerdes quotidiennes. Admettre aussi que pour réussir sa vie, pas besoin d’être un super-héros, mais accepter d’être ordinaire. « On a tout ce qu’il faut », dit Fabrice Midal, donnant l’exemple de la fable du chêne et du roseau de la Fontaine. Enfin, l’être humain doit accepter d’être par définition un être révolté… Révolté oui, conclut Fabrice Midal, mais par amour !