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L’opéra de Cavalli « Ercole Amante » à l’Opéra Comique : un triomphe

Trois siècles après, l’opéra vénitien Arcole Amante ou Hercule amoureux  de Cavalli est, pour notre grand bonheur, présenté dans une nouvelle production à l’Opéra Comique.

Commandé par Mazarin en l’honneur du mariage de Louis XIV, cet opéra a connu peut être   un de ses plus grand succès en 2019  lors de la première à l’Opéra Comique.

Il faudrait pouvoir donner toutes les raisons qui justifient l’enthousiasme de cette nouvelle production. On parle tout d’abord de la beauté de l’œuvre…Cavalli est un compositeur digne de son maitre Monteverdi. Admirable musicien qui écrit pas moins de quarante-deux opéras dont seulement quelques-uns sont représentés en France, essentiellement à l’opéra du château de Versailles. On avait un joli souvenir d’Ercole Amante donné à l’opéra Garnier en 1981.  Mais la réalisation musicale avec Michel Corboz à la direction d’orchestre et J.L. Matinoty pour la mise en scène, différaient beaucoup avec celle d’aujourd’hui qui se veut aussi proche que possible de l’esprit de la création. Le choix d’instruments anciens, avec les musiciens et le chœur de l’ensemble Pygmalion dirigé par Raphaël Pichon exalte toute la saveur de cette musique raffinée, si expressive, avec ce plateau vocal exemplaire. La psychologie des personnages et tous leurs sentiments s’expriment dans cette musique palpitante, que ce soit leur fureur, leur désespoir ou leur amour.

L’aventure du bel Hercule (Nahuel Di Pierro ) qui impose sa noble voix  de baryton et son désir à la femme de son fils, nous donne une représentation spectaculaire du harcèlement amoureux. Il provoque le désespoir de son fils Hyllis et de sa femme Illo. (Francesca Apromonte et Krystian Adam) ainsi que l’humiliation de sa femme Déjanire, mais Junon, la déesse de la fidélité veille. Elle va faire appel au « Sommeil » sous forme d’un gros bibendum, pour plonger le dangereux Hercule dans un profond sommeil. Et ainsi de suite… les péripéties sont multiples, elles se déploient dans tout l’univers : le ciel, la terre, l’enfer, comme souvent dans les livrets de la période du baroque.

Cela autorise les premiers opéras venus d’Italie au 17 ième siècle à une liberté totale pour l’imaginaire des metteurs en scène. Liberté du cocasse, du dérisoire, liberté d’une machinerie extravagante qui enchantait le public de Venise et celui de l’Opéra Comique au 21 ième siècle quand il est confié à Valèrie Lesort et Christian Hercq. (sociètaire de la Comédie française) Chaque tableau nous surprend par son foisonnement d’idées, d’images toujours renouvelées entrainant sourires et émotions. Et quel bonheur de retrouver le grand Laurent Peduzzi qui encadre ce spectacle enchanteur, dans un décor animé par de chatoyante lumière.

Mais notre gratitude revient essentiellement à Raphaël Pichon, au chœur et à l’orchestre de l’ensemble Pygmalion ainsi qu’à l’exceptionnelle qualité des voix car toute la réalisation musicale fait preuve d’un vrai savoir et respect du style et de l’époque. Ce qui nous permet de retrouver toute la beauté de cette musique et son pouvoir émotionnel intemporel.

Ce spectacle sera donné à l’opéra Royal de Versailles les 23 et 24 novembre.

Commentaires

  1. Ercole Amante, grandiose opera baroque rarement presente en France, est reinvente a l’Opera Comique par les soins de Raphael Pichon, et l’exuberance des metteurs en scene Valerie Lesort et Christian Hecq.  de Francesco Cavalli. Un Hercule amoureux tres politique qui n’est autre que le jeune Louis XIV, a qui Mazarin, pour le « remercier » d’avoir epouse l’infante espagnole Marie-Therese, a offert cet opera – genre qui n’existait pas encore en France – commande au plus illustre successeur de Monteverdi.

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