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Félix Fénéon au Musée de l’Orangerie

Félix Fénéon (1861-1944) fut successivement journaliste, critique d’art, éditeur, directeur de galerie, et en même temps collectionneur et militant anarchiste.

Une vie suffisamment riche pour donner lieu à trois expositions, la première, terminée, au musée du Quai Branly, qui présentait ses collections d’« arts lointains », la deuxième, en cours, au musée de l’Orangerie, avant une troisième, au printemps prochain, au MOMA de New-York. L’exposition du musée de l’Orangerie est très intéressante. On y voit d’abord le fameux portrait de Fénéon peint par Signac en 1890, le représentant avec son allure de dandy, tendant une fleur, comme une baguette magique. Fénéon était en effet une sorte de magicien, personnage excentrique, connaissant tout le monde, mettant en lien les peintres et les écrivains, touche à tout. Il restera celui qui a défini le mouvement « néo-impressionniste », un groupe de jeunes peintres qui voulurent se démarquer de leurs aînés, les peintres impressionnistes, avec une technique nouvelle, le divisionnisme ou le pointillisme, consistant à juxtaposer sur la toile des points de couleur. Ceci donne un résultat visuel extraordinaire.

Le pionnier de ce groupe fut Georges Seurat, mort très jeune, que Fénéon défendit ardemment toute sa vie. Dans l’exposition de l’Orangerie, est présenté un merveilleux ensemble de toiles de Seurat, provenant des musées américains. Mais c’est au sein de la galerie Bernheim Jeune dont il fut le directeur artistique pendant vingt ans, que Fénéon œuvra surtout, y faisant entrer toute une nouvelle génération d’artistes, et parvenant depuis cette galerie à les diffuser dans le monde entier, notamment aux États-Unis. L’exposition de l’Orangerie raconte ainsi la belle histoire d’un destin opiniâtre et son influence décisive dans le monde des arts.