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Synode. Quelle est la situation de l’Amazonie aujourd’hui ?

Le pape François a ouvert, dimanche 6 octobre 2019 à Rome, une réunion mondiale d’évêques. Ravagée par des incendies dévastateurs depuis le mois d’août, l’Amazonie sera, jusqu’au 27 octobre, au cœur des discussions du Synode.

C’est le poumon de la Terre. La région amazonienne couvre 40% de l’Amérique du sud et aide à réduire le réchauffement climatique. Elle s’étend sur neuf pays : le Brésil, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, l’Équateur, le Venezuela, la Guyane française, la Guyana anglaise et le Suriname. Quelle est la situation de la plus grande forêt tropicale du monde aujourd’hui ?

Amazonie

De violents incendies

« C’est notre vie qui part en fumée », témoignait le Père Johnja López Pedrozo, eudiste en Colombie. Depuis le début de l’année, la gigantesque forêt amazonienne est en proie à de violents incendies. Plus de 66 000 feux ont été comptabilisés en 2019, selon l’lnstitut national de recherche spatiale (INPE).

Ces incendies sont dus à la déforestation. Car si les troncs des arbres sont emportés et exploités, le reste (racines, feuilles, broussailles…) est brûlé sur place, méthode qui amène des feux hors de contrôle. Au Brésil, pays qui englobe à lui seul 60 % de la forêt, la déforestation amazonienne s’accélère dangereusement. En juillet, elle aurait progressé de 278 % par rapport au même mois de 2018…

Pour les défenseurs de l’environnement et les spécialistes de l’Amazonie, cette recrudescence s’explique par la pression exercée sur la forêt par les bûcherons et éleveurs de bétail, encouragés par les prises de position du président d’extrême droite Jair Bolsonaro qui prône l’exploitation des ressources naturelles dans les aires protégées.

Menacée par l’orpaillage

La déforestation est aussi causée par l’extraction de l’or en Amérique du Sud. Si en Guyane le projet de la montagne d’or a été suspendu – plus grand projet d’extraction d’or primaire jamais proposé en France dénoncé par les associations écologiques – l’orpaillage illégal continue en Amazonie.

Selon un rapport de WWF (juin 2018), chaque année, 5 tonnes de mercure sont déversées dans la forêt pour extraire l’or. L’emploi de ce métal est à l’origine d’une forte pollution. Une fois libéré dans les rivières, il se répand sur de vastes surfaces. Toujours selon WWF, 90 % des populations autochtones du Haut Maroni présentent un taux de mercure supérieur à la norme admise.

Le Synode se poursuit jusqu’au 27 octobre

L’Eglise catholique dénonce cette situation désastreuse pour l’écologie. L’enjeu du Synode pour l’Amazonie est aussi d’impliquer les indigènes dans la démarche synodale. En Guyane, les Amérindiens continuent de subir une marginalisation et un manque d’accès aux droits, dans un pays qui ne reconnaît pas formellement ces peuples.

« Il faut reconnaître que ces gens là souffrent d’un déficit de présence, de reconnaissance, d’estime, de la part de la communauté internationale », indiquait Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne.

Réécoutez Le Grand Témoin de Louis Daufresne. Père Maximilien de la Martinière, prêtre du diocèse de Versailles ayant servi quatre ans en Amazonie brésilienne. Auteur de « La piété populaire » (Mediaspaul).

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