le direct Musique sacrée

« Nous ne pouvons pas changer l’Histoire mais tâchons de promouvoir la paix »

Sauvée de l’enfer !  C’est Kim Phuc Phan Thi qui le dit. Son nom ne vous dit peut-être rien, pourtant vous avez déjà vu sa photo dans vos livres d’histoire. Rencontre.

La fille de la photo

Elle est « la fille de la photo », cette petite fille nue qui, le 8 juin 1972, court pour échapper au napalm qui l’a déjà partiellement brûlé, « j’aurais pu me trouver à des milliers d’autres endroits sur cette route, mais il a fallu que je sois justement là, à Trang Bang, au moment où, avec ceux qui habitaient près de ce tronçon, elle disparaissait dans les explosions et la furie des flammes. Je vais mourir sur cette route. Ces flammes vont me tuer » écrit Kim Phuc dans son livre « Sauvée de l’enfer » (ed.Ourania). Elle a 8 ans quand le napalm s’abat sur elle, ses pieds sont miraculeusement épargnés, « je continuais à courir sur cette route 1, désormais dévêtue et hurlant de douleur et d’effroi, tous ceux qui me voyaient de derrière, apercevant mon dos, ma nuque, et mon bras, étaient profondément choqués. »

Laissée pour morte, aujourd’hui trois mots la guident : paix, foi et espoir.  Elle a découvert Dieu dans une bibliothèque, cadoïste avant, c’est Jésus qui la guide désormais, un jour en cherchant un livre, « je suis tombée sur le Nouveau Testament:  « Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14 ,6).  Cette phrase m’a bouleversée. »

Elle a pensé au suicide, « je me disais qu’après ma mort, il n’y aurait plus de douleurs physiques ou morales. A 19 ans, j’ai vécu cette période sombre. A Noël 1982, je vais à la messe, et le message du pasteur me touche, son message de paix me touche. J’ai ouvert mon cœur et je me suis convertie au christianisme, j’ai découvert la paix et la joie. »

 « Petite fille j’avais un rêve, pas seulement de liberté, je voulais être médecin après avoir passé 14 mois à l’hôpital parce que les médecins qui m’ont soignée, étaient mes héros. Mais je n’ai pas pu réaliser mon rêve parce qu’à 19 ans, le gouvernement vietnamien m’a retrouvé et s’est servi de moi. » C’est le Canada qui la sauvera. « Mon esprit s’est libéré mais pas mon corps, j’ai fui au Canada pour me libérer. J’ai toujours cette souffrance dans les cicatrices mais mon cœur lui est guéri. » 

Elle raconte dans son livre, la haine qui l’a consumée pendant des années, « si le napalm ne m’a pas tuée, la colère, l’amertume ont failli me tuer. Je ne voulais pas que cette haine me tue. Alors j’ai cessé de me demander pourquoi. J’ai fait confiance à la Bible, à Dieu, je me suis obligée à devenir positive. Je ne peux pas remonter le temps mais avec l’amour, on peut construire l’avenir, quant à l’homme qui a lâché les bombes, je n’ai jamais pu le recroiser par contre j’ai pu rencontrer celui qui a donné l’ordre de bombarder, il m’a demandé pardon ». 

Kim Phuc Phan Thi est aujourd’hui ambassadrice pour l’Unesco, la Kim Fondation aide désormais les enfants victimes de la guerre, les enfants défavorisés, la fondation a fait construire un hôpital, une école, une bibliothèque à Trank Brank son village natal. Quant au photographe de la célèbre photo, Nick Up de l’Associated Press, il est toujours dans  sa vie et l’aide à lever des fonds pour la fondation,  « nous ne pouvons pas changer l’Histoire mais tâchons de promouvoir la paix ».

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *