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Le diocèse de Lyon ouvre un site pour informer et prévenir sur les abus sexuels

L’Église de Lyon, ternie par l’affaire Barbarin, a mis en ligne jeudi un site internet consacré aux abus sexuels à destination de « tous ceux qui ont besoin d’entendre, de comprendre, de s’impliquer, d’être acteur de la prévention« .

Intitulée « Agir ensemble contre les abus sexuels« , cette page hébergée par le site du diocèse de Lyon comprend des « informations obligatoires pour tous les acteurs pastoraux et les structures catholiques du diocèse« , détaille à l’AFP l’évêque auxiliaire Emmanuel Gobilliard, responsable du projet. Le diocèse a mis en ligne une série de douze entretiens filmés avec des victimes, psychiatres, policier, magistrat, journaliste, théologien, pasteurs.

Le diocèse de Lyon a été ébranlé ces dernières années par l’affaire entourant les agissements du père Bernard Preynat. Ses agressions sexuelles présumées sur de jeunes scouts de la région lyonnaise ont déclenché le retentissant procès du cardinal Philippe Barbarin, condamné en mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas l’avoir dénoncé à la justice.

Face à ce scandale, le Vatican comme l’Église de France ont pris une série de mesures pour lutter contre la pédophilie. « Dans le diocèse, tout le monde parlait de ces affaires, mais c’était trop subjectif, on était dans l’affectif. Et peu connaissaient la loi. L’idée est de se mettre du côté des victimes, car en défendant trop l’institution on peut contribuer à la détruire« , explique Emmanuel Gobilliard.

Dans une lettre introductive, Mgr Michel Dubost, administrateur apostolique local depuis la prise de recul annoncée par le cardinal Barbarin, invite « toute la communauté chrétienne » à accompagner cette « grande action« . Le site propose « tout un dispositif pédagogique » et des vidéos de victimes, de policiers, d’un procureur, de psychiatres spécialistes des abus, du président de la Conférence des Evêques de France, d’un prêtre ou une théologienne.

« On voulait donner la parole aux autres sans aucune censure, avec des victimes et spécialistes de chaque domaine », a expliqué Mgr Gobilliard, regrettant que les responsables de l’association de victimes La Parole Libérée, à l’origine du procès Barbarin, n’aient pas souhaité s’y associer. Et cela ne s’adresse pas qu’au monde catholique, tout le monde est invité à se connecter.

« Plus ces vidéos seront vues, partagées, plus l’écosystème changera, pour que tous ensemble nous réagissions, nous agissions », a exhorté Mgr Emmanuel Gobilliard, précisant à l’AFP que le dispositif serait bientôt présenté à la Conférence des évêques de France.

Avec AFP

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