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En quoi consiste réellement le secret pontifical ?

Le Vatican a annoncé aujourd’hui que le pape François levait désormais le secret pontifical sur les dénonciations d’abus sexuels, les procès et verdicts dans ce domaine. Quand et comment intervient d’ordinaire le secret pontifical ? Explications.

Le Vatican vient de l’annoncer. Le pape lèvera désormais le secret pontifical en cas d’agressions sexuelles. Cette décision était attendue depuis la tenue du sommet sur la pédophilie dans l’Eglise en février dernier. Le souverain pontife avait alors appelé à des « mesures concrètes et efficaces ». La première étape de cet engagement pour plus de transparence a été franchie en mai dernier avec la promulgation du premier décret qui oblige tout prêtre ou religieux qui aurait eu connaissance d’un cas de violences sexuelles de le signaler à sa hiérarchie ecclésiastique.

A cette occasion, François a déclaré lors d’une lettre apostolique en forme de motu proprio que “le bien des enfants et des jeunes doit toujours primer sur la sauvegarde du secret, fût-il pontifical”. La messe était dite. 

 

pape François lors de l'Angélus du 15 novembre 2015Le pape est donc passé à la vitesse supérieure en touchant au secret pontifical. Le secret pontifical finalement, qu’est-ce que c’est ? Aussi parfois appelé “secret du pape”, il s’agit d’une règle de confidentialité classant des informations sensibles comme il en existe au sein d’États “classiques”, sauf qu’ici, la règle s’applique à l’Eglise universelle.

Le terme latin secreto qui a accouché du mot “secret”  s’entend au sens de “confidentiel”. Les personnes liées par ce “secret pontifical” prêtent serment au début de leur service dans la Curie ou dans le corps diplomatique en promettant de le rompre sous aucun prétexte, sous peine d’excommunication. Seul le pape est habilité à “transgresser” ce principe.  

 

Plus de transparence avec les institutions civiles

Que recouvre ce secret pontifical ? Il contient essentiellement des communications diplomatiques établies entre les nonciatures internationales, autrement dit les ambassades papales de part le monde. Il peut s’agir de dossiers privés, d’échanges, de recommandations sur des membres du clergé. Il intervient également dans le suivi de procédures canoniques, notamment dans le cadre d’affaires de violences sexuelles sur mineurs.

Or, et c’est là que bât blesse, actuellement, les victimes étaient jusqu’alors tenues à l’écart de l’évolution de ces procès canoniques pour cause de secret pontifical, jusqu’à l’issue même du dossier. Ce manque de communication entre la sphère cléricale et civile avait été dénoncée par les victimes. 

 

Cette fin du silence systématique devrait offrir plus de transparence et d’ouverture entre la société civile et le Saint-Siège. Tout type de documents relatifs à des procès conservés dans les Archives des dicastères pourront être réclamés par des magistrats laïques. Avec tout de même une forme de retenue. Le pape a tenu à préciser que cette ouverture ne serait pas sans la garantie du maintien de la sécurité, de l’intégrité et la confidentialité » établies par le Code de Droit Canon afin de protéger « la bonne réputation, l’image et la sphère privée» des personnes impliquées, comme l’indique un article de Vatican News.