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Affaire Preynat-Barbarin : retour sur un scandale en six actes

L’affaire Preynat-Barbarin est de nouveau sur le devant de la scène médiatique alors que se tient en ce moment le procès en appel du cardinal Barbarin pour non-dénonciation d’agressions sexuelles. Quelles ont été les grandes étapes de cette affaire de pédophilie vieille de plus de trente ans ? 

 

Barbarin

 

ACTE I  – Les faits

Les faits remontent aux années 1970-1980. Le père Bernard Preynat dirige à cette époque le groupe scout Saint-Luc à Sainte-Foy-lès-Lyon. Plusieurs dizaines de jeunes scouts vont alors être victimes d’agressions sexuelles de la part du prêtre et ce, dans le plus grand silence. En effet, comme nous le rapporte un article du Monde, les agissements présumés du père Preynat sont bien connus de l’Eglise qui reçoit les premières plaintes à la fin des années 1970. Les années passent et la hiérarchie ecclésiale continue pourtant de fermer les yeux. Une trentaine d’années vont s’écouler avant les premiers signalements auprès de l’archevêché. 

 

ACTE II – Première prise de conscience

Arrivé à la tête de l’archidiocèse de Lyon et du primat des Gaules en 2002, Mgr Barbarin affirme auprès du quotidien La Croix avoir pris connaissance des « comportements » de ce prêtre « vers 2007-2008 », via un tiers. Il convoque Bernard Preynat qui reconnaît les faits mais assure ne pas les avoir réitérés depuis les années 1990. En guise de réponse, Barbarin soumet le père Preynat à une quarantaine avant de le faire doyen en 2013 puis de lui déléguer l’animation de trois paroisses jusqu’en 2015. Il le nomme aussi à la tête de l’un des 18 doyennés du diocèse en 2011 et lui confie un jumelage avec le Liban.

 

ACTE III – La dénonciation publique

La connaissance de ces derniers éléments de “carrière” du père Preynat  va alors inciter l’une des victimes à se rapprocher du cardinal Barbarin pour lui confier son témoignage. Devant l’inaction de l’Eglise, Alexandre Dussot-Hezez, fondateur de l’association La Parole Libérée dédiée aux victimes, se décide à écrire au pape et au procureur de Lyon en juin 2015. Le père Preynat se voit retirer sa charge pastorale en août de la même année. Il est mis en examen puis placé sous contrôle judiciaire. 

 

ACTE IV – La première enquête judiciaire

2016 est finalement l’année durant laquelle s’ouvre la première enquête préliminaire pour non-dénonciation par le cardinal Barbarin. Nous sommes en mars et ce dernier nie avoir couvert le moindre acte pédophile après le dépôt d’une seconde plainte. Un mois plus tard, le prélat finit par admettre des “erreurs” dans la gestion de certains prêtres. Sans être placé en garde à vue, il est interrogé pendant dix heures le 8 juin 2016 par la police lyonnaise en tant que témoin. Le rendu de l’enquête fin août aboutit à un classement sans suite sur le motif que la période entre 2005 et 2010 – pendant laquelle les autorités diocésaines ont eu connaissance de soupçons visant le père Preynat – était couverte par la prescription. Pour rappel, la prescription est de trois ans en matière de non-dénonciation.  

 

ACTE V – Le premier procès

Trois ans après l’enquête judiciaire, début janvier 2019, se tient le procès pour non-dénonciation du cardinal Barbarin. C’est la première fois dans l’histoire de l’Eglise que l’institution est directement confrontée depuis le banc des prévenus à des victimes d’un prêtre pédophile. Le rendu du jugement est fixé le 7 mars 2019. 

Coup de tonnerre dans l’Eglise de France, le cardinal est reconnu coupable de non-dénonciation d’abus sexuel et est condamné à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon. L’archevêque de Lyon remet dans la foulée sa démission au pape qui choisit finalement de la lui refuser sur le motif de la présomption d’innocence. Dans le même temps, Bernard Preynat est démis de sa mission de prêtre par l’Eglise catholique en attendant d’être jugé fin 2019 ou début 2020.

 

ACTE VI – Le deuxième procès

Le mois de novembre 2019 sonne le début du procès en appel du cardinal Barbarin. Ce deuxième procès a pour but, côté victimes, de revoir la notion de prescription. Mgr Barbarin a quant à lui expliqué saisir la justice par incompréhension de sa condamnation “Je n’arrive pas bien à voir en quoi je suis coupable et quels sont les faits qu’on me reproche », a-t-il déclaré. Les débats devraient ainsi se prolonger jusque vendredi 29 novembre.

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