le direct Musique sacrée

Saint François de Sales : patron des journalistes

Aussi étonnant que cela puisse paraître, il existe bien une figure qui rassemble bon gré mal gré, Charlie Hebdo, Valeurs Actuelles, Libération, BFMTV, Radio Notre Dame ou encore Le Figaro : saint François de Sales, patron des journalistes.


Canonisé en 1665, déclaré docteur de l’Eglise en 1877, le « docteur de l’amour » reste depuis plus de 400 ans une impressionnante figure chrétienne, à l’héritage colossale.

Dressons une brève biographie : François naît dans une noble famille savoyarde en 1567. Avant même sa naissance, sa très jeune mère promet à Dieu de Lui offrir si l’enfant naît en bonne santé. François ressent un appel à la prêtrise très jeune, vers ses dix ans. Si sa mère l’accepte parfaitement, il doit tout de même se confronter à son père, mais qui finira par accepter. Ordonné prêtre en 1593, il est également nommé « prévôt » de Genève. En 1602 il en devient l’évêque. En 1604 il rencontre Jeanne de Chantal, avec qui il noue une forte amitié spirituelle. Ensemble, ils fondent l’ordre de la Visitation Sainte Marie 1610, un ordre qui accueille des femmes de tous horizons (veuves, infirmes…). Destinées premièrement à visiter les pauvres et les malades, elles deviennent finalement cloitrées par demande de l’Evêque de Lyon. Il meurt en 1622 à Lyon, laissant derrière lui de multiples écrits.

Introduction à la vie dévote

Ecrite en 1608, il s’agit probablement de l’œuvre la plus célèbre de St François de Sales. Le propos est clair et bien construit, accessible à tous, et obtient donc un grand succès dès sa parution (il sera réédité quarante fois !). Ces enseignements sont adressés à sa « Philotée », un nom qui signifie « bien aimée » et qui désigne en réalité le public qui le lit et qu’il enseigne – vous et moi somme toute.

L’œuvre est particulièrement complète, on y trouve absolument tout, depuis les conseils pour bien communier jusqu’à la recette du Saint Chrême (Partie 1 chapitre 8). C’est toute la richesse de cet écrit, qui aborde tous les aspects de la vie du chrétien, prodiguant de multiples conseils pour les attitudes à adopter, la manière de vivre ses amitiés, et donnant des outils concrets pour grandir en sainteté.

Le « docteur de l’amour »

Pour Saint François, la vie se résume à une maxime : « tout par amour, rien par force ». Tous les aspects de sa vie en font foi. A peine ordonné prêtre, il se rend dans la région du Chablais, acquise aux idées protestantes propagées de la Réforme. Les tensions entre catholiques et protestants ont été la cause de conflits sanglants. Pourtant, pour convertir les foules, Saint François ne veut utiliser que l’Amour et la Vérité. C’est au moyen du dialogue et la bienveillance qu’il veut se tourner vers les protestants. Il s’agit de s’armer de charité pour parler à la raison, pour argumenter et convaincre les soutiens de la Réforme.

Ses enseignements sont la preuve d’une grande bienveillance. Ainsi écrit-il à propos  de l’attitude à tenir envers soi-même :

 « L’un des meilleurs usages que nous saurions faire de la douceur, c’est de nous l’appliquer à nous-mêmes, ne dépitant jamais contre nous ni contre nos imperfections […] Relevez donc  votre cœur quand il tombera, tout doucement, vous humiliant beaucoup devant Dieu pour la connaissance de votre misère, sans nullement vous étonner de votre chute, puisque ce n’est pas chose admirable que l’infirmité soit infirme, et la faiblesse faible, et la misère chétive. » (IVD partie I chap 9)

Ou sur l’appel à la sainteté :

(IVD chap 5) « L’âme qui monte du péché à la dévotion est comparée a l’aube, laquelle s’élevant ne chasse pas les ténèbres en un instant, mais petit a petit […] L’exercice de la purgation de l’âme ne se peut ni doit finir qu’avec notre vie: ne nous troublons donc point de nos imperfections, car notre perfection consiste à les combattre, et nous ne saurions les combattre sans les voir, ni les vaincre sans les rencontrer. Notre victoire ne gît pas à ne les sentir point, mais à ne point leur consentir. »

Épreuve spirituelle

Lorsqu’il est âgé d’une vingtaine d’année, François découvre durant ses études de théologie les théories de la Réforme qui concernent la prédestination : elles énoncent que le Salut ne dépend pas de nous mais de la volonté de Dieu, qui choisit ceux d’entre nous qui pourront le rejoindre au paradis. Rien ne dépend de nos mérites ou de notre volonté. Saint François tombe dans une profonde affliction. Il se tourne vers la Vierge et la supplie de le relever. La prière qu’il récita au milieu de son désespoir est la preuve d’un amour jaillissant pour Dieu, et un soutien pour tous ceux qui seraient dans la tourmente. La confiance absolue qu’il témoigne constitue une source d’inspiration pour tous les croyants d’aujourd’hui, qui peinent dans le sécheresse spirituelle ou dans les épreuves.

 « Quoiqu’il arrive… je vous aimerai Seigneur, au moins en cette vie s’il ne m’est pas permis de vous aimer dans la vie éternelle, et j’espérerai toujours en votre miséricorde. »