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Un accord imminent entre le Chine et le Saint-Siège ?

Le bruit court depuis quelques temps dans les couloirs du Vatican. Le Saint-Siège serait en train de conclure un accord avec le pouvoir communiste sur la nomination des évêques. Il pourrait être signé avant la fin du mois de mars.

Officiellement, tant que côté du Vatican que de la Chine, il n’y a que des discussions. Pour avoir plus d’informations, il faut se référer à des sources proches du dossier. Le dialogue irait bon train et un accord serait susceptible d’être signé avant la fin du mois d’après un haut responsable de l’église officielle. Un accord de travail aurait tout de même déjà été signé lors de la visite à Rome d’une délégation chinoise. Ça serait le cardinal Pietro Parolin, qui mènerait les discussions. C’est un fin connaisseur du dossier qu’il suit depuis son passage comme secrétaire pour les relations avec les États de 2002 à 2009. Il a déclaré au site Vatican Insider qu’il « n’existe pas deux Eglises en Chine mais deux communautés de fidèles appelées à accomplir un chemin progressif de réconciliation vers l’unité ». Les 12 millions de catholiques doivent choisir entre l’église clandestine et l’église officielle.

Deux principaux problèmes

Entre le Vatican et la République Populaire de Chine il y a deux principaux sujets. D’une part, le fait que la papauté ne reconnaisse pas diplomatiquement la Chine. Il n’y a pas de relation officielle depuis 1951, date à laquelle le Guomindang (parti nationaliste opposé au parti communiste chinois) s’est définitivement replié sur Taiwan pour créer la République de Chine. Cela n’empêche pas pour autant des rapports non officiels.

Le deuxième, et principal problème, est la nomination des évêques. Le gouvernement chinois ne souhaite pas d’ingérence religieuse sur son territoire. Le concile Vatican II rappelle : « C’est le vœu du Saint Concile qu’à l’avenir ne soient plus accordés aux autorités civiles aucun droit ni aucun privilège d’élection, de nomination, de présentation ou de désignation en vue de la charge épiscopale » (décret Christus Dominus n. 20) ». C’est ensuite entré dans le droit canonique. Un accord enfreindrait les règles d’au moins une des parties.

Un accord loin de faire l’unanimité

Cette recherche d’accord, Mgr Joseph Zen Ze-kiun, évêque émérite de Honk Kong, est totalement contre. « Nos frères de Chine continentale n’ont pas peur de perdre leurs biens, d’être jetés en prison. Leur plus grande douleur est d’être trahis par les «membres de leur famille»», explique-t-il. Il a peur que l’Église se soumette totalement au parti communiste.

Mais un autre argument peut venir contre balancer ce discours. Il est historique. L’Église s’est parfois arrangée avec un Etat, comme en France avec le concordat. De plus, un accord tacite fait que la chine tolère les évêques de Rome et que Rome parfois, acceptent les évêques du gouvernement. Il y a aussi l’argument de l’inculturation. Cette thèse théologique est d’adapter l’annonce de l’Evangile aux situations locales. Les jésuites l’ont beaucoup effectué au XVIIIe siècle lors de l’évangélisation de … la Chine.

Les répercussions imaginées de l’accord sont difficiles pourtant à estimer tant que le contenu est inconnu et qu’il n’y a pas de signature. Cette annonce de signature est pourtant régulière depuis deux ans.