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Sentinelle contre les abus sur majeur dans les communautés religieuses

L’association Sentinelle vient en aide aux personnes majeures qui ont été victimes d’abus dans les communautés religieuses. Elle tenait vendredi 4 mai, la 4e édition  de ces conférences et débats sur le sujet, afin de libérer la parole.

Une vingtaine de personnes était présente à cette journée de conférence et débat.
Une vingtaine de personnes était présente à cette journée de conférence et débat.

Laurence Poujade est la présidente de cette association qui existe depuis 2014 et une ancienne victime d’abus sur majeur. Elle explique le but de Sentinelle.

Françoise Poujade, la mère de la présidente, est une des douze fondateurs de l’association donne aussi un autre but : s’occuper des familles.

L’association dispose de différent moyens d’actions pour parvenir à ces buts. Il y l’accompagnement des victimes, et bien sûr la communication et la sensibilisation autour de ce problème.

L’association a une définition large des abus afin de lutter contre tous, particulièrement contre l’emprise mentale où la victime participe à son enfermement.

D’expérience, Laurence Poujade donne une catégorie de personnes plus vulnérables à cette emprise mentale et donc aux abus et aux dérives.

Au cœur d’un réseau

L’association se place au cœur de la cité car c’est une association citoyenne, hébergée dans la maison des associations du 14e arrondissement. Au cœur du monde aussi par son implication dans la transition numérique grâce à un site internet et un effort de dialogue avec les autres associations traitant de ce problème. Sentinelle est impliquée dans la république car elle croit fortement à la loi About-Picard qui souhaite : « renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentale ». Elle permet notamment de lutter contre le sujétion de majeur alors que la plupart des pays ne la reconnait pas, la liberté étant forcément de mise une fois la personne adulte. Elle veut faire œuvre d’église en essayant de devenir une association de fidèles auprès de l’archevêché de Paris. Elle est en rapport avec tout un réseau d’associations luttant sur les mêmes thématiques comme la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), la Fédération Européenne des Centres de Recherche et d’Information sur le Sectarisme (Fecris). Pour l’étude de la vie religieuse, elle est en partenariat avec l’Institut des Hautes Études du Monde Religieux (IHEMR), afin de mieux cerner les problèmes qui peuvent exister et en parler avec les autres religions représentées et l’Observatoire de la laïcité. Les journées sentinelles servent à discuter des abus sur majeurs avec les personnes impliquées : associations, anciennes victimes, parents, Église, mais aussi les personnes curieuses de ce problème.

Lors de cette journée, d’anciennes victimes ont témoigné de leur parcours et de la manière d’en sortir. L’emprise n’est pas forcément sectaire mais peut aussi être un certain management, une manière de pousser, d’imposer des décisions par abus d’autorité. C’est le cas d’Alexia Lecomte, ancienne moniale franciscaine qui s’est fait « renvoyer » de son couvent sans aucun soutien ni aide.

La difficulté de parler

Deux membres de l’association ont témoigné d’un cas particulièrement révélateur de la difficulté de faire émerger ces questions : celui d’un membre de leur famille. Selon la famille qui suit la feuille de route du pape François contre les dérives sectaires, la communauté où est cette personne remplit tous les critères d’une dérive. Leurs interpellations à Mgr Planet, l’évêque en charge de la cellule des dérives sectaires dans des communautés catholiques, n’ont pas abouti. En effet, la cette personne est majeure et donc libre de ses choix. Cela pose la question de la pertinence de cette feuille de réflexion si elle n’est pas suivie au moins d’une visite de contrôle par un évêque. La différence de droit canon entre les ordres religieux n’aide pas à un vrai contrôle, car ce n’est pas toujours l’évêque du lieu qui aura le pouvoir. Françoise Poujade, a rappelé qu’en 1997 quand elle a voulu interpeller le cardinal Lustiger sur la situation de sa fille, s’est heurtée à un mur de silence. Lors de cette journée, Mgr de Moulins Beaufort, venant à titre privé pour écouter, à bien fait préciser avant son arrivée qu’il ne voulait aucun enregistrement. L’Église doit donc trouver comment en parler et comment agir contre les abus sur majeur.