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Odon Vallet : « Est-ce que le pape François fera un deuxième quinquennat ? Je lui conseillerais »

Le Grand Témoin du jour est Odon Vallet, universitaire et observateur du fait religieux. Il commente les cinq ans de pontificat du pape et présente son dernier livre : « La Foi demeure malgré tout » (Salvator).

En cet anniversaire de pontificat, la question de la durée de celui du pape François est d’une actualité brûlante. Le contexte de son élection, suite à la démission de Benoît XVI, et quelques remarques qu’il a distillées ici et là dans les médias, renforce l’interrogation. Pour Odon Vallet, la réponse est claire : « Je pense qu’il faut qu’il continue pour créer de nouveau cardinaux qui aient à peu près ses idées et qui continueront son œuvre ». Les réformes qu’il a entreprises sont des changements de long terme. Il faut continuer de travailler sur les dossiers comme les finances de l’Église, pas seulement du Vatican mais aussi des diocèses, des paroisses.

« L’Église est forcément lente, c’est normal, et peut-être souhaitable pour éviter de confondre vitesse et précipitation »

Parmi les changements, le plus grand pour l’universitaire est celui des mentalités. « Il a d’abord changé les mentalités et pour que les mentalités se traduisent en acte il faut du temps », analyse-t-il. Dans les évolutions, une se situe sur le devant. « La première qu’il a changé c’est cette notion, pas très bien exprimée, de périphérie de l’Église. L’idée selon laquelle l’Église ne se limite pas aux gens qui vont à la messe », explique Odon Vallet. Et de rappeler que si la pratique religieuse est une chose, la notion de ce qu’est la pratique en est une autre et celle-ci évolue aussi. Il soutient que la pratique dominicale n’est plus la seule : « il y a une spiritualité qui ne se confond pas avec l’ecclésialité ». Par-là, il entend que la spiritualité ne va pas tout le temps se faire au sein de l’Église. Comme preuve il montre que le nombre de pèlerinages baisse à Lourdes mais augmente vers Saint Jacques de Compostelle, où le chemin est plus solitaire.

Le pape en France

Sur la question de la venue du Saint-Père en France, Odon Vallet précise que l’invitation a été transmise et que la mise sur le calendrier du pape est un dossier. Si cela prend du temps, c’est qu’ « il y a un problème avec la France, c’est incontestable », assure l’universitaire. Cela viendrait, selon lui, de  la tradition hispanique de François qui ne connaît donc pas très bien la France. Mais une visite s’impose. Deux raisons pour Odon Vallet : la présence des deux monuments les plus visités du monde que sont Montmartre et Notre Dame de Paris, et, la création des jésuites à saint Pierre de Montmartre. Mais ce lieu de création ne fait pas l’unanimité. « Un pape ne peut ignorer les deux monuments les plus visités du monde qui sont des églises catholiques », tonitrue-t-il.