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« Mieux vaut tard », Mgr Ravel réagit à sa lettre pastorale

L’archevêque de Strasbourg, Mgr Luc Ravel, a appelé l’Église à « changer en profondeur« , dénonçant le « cancer des abus sexuels » commis par des prêtres, dans une « lettre pastorale » publiée vendredi dernier. Il était l’invité de Marie-Ange de Montesquieu ce mercredi 12 septembre. 

Ces scandales « nous interdisent de continuer dans le futur sans changer en profondeur », écrit Mgr Ravel dans cette lettre intitulée « Mieux vaut tard« . Destinée à l’ensemble du diocèse alsacien, elle fait écho à celle du pape François publiée le 20 août. Pour l’actuel archevêque de Strasbourg, il n’est pas trop tard, « c’est ce que je veux dire à tout le monde, quelles que soient les culpabilités ou les complicités ou la solidarité qu’il y a dans l’Eglise, il n’est pas trop tard. Evidemment rien ne guérira les victimes qui ont été blessées. Moi, j’ai un cas qui remonte à 1948, ça fait 50, 60 ans qu’il porte ça. Mais nous avons déjà, avec le présent, sans parler du futur, à agir, la question que je pose dans ma lettre ».

Nombre de ces affaires sont prescrits, certains « traités par la justice civile et d’autres ont été signalés à la justice« , précise t-il. Lui-même a rencontré « une quinzaine » de victimes depuis son entrée en fonction il y a un peu plus d’un an. « J’ai été confronté à un cas extrêmement précis lorsque j’étais évêque aux Armées, un aumônier militaire a commis un acte, jugé au civil et ayant purgé sa peine, en l’occurrence une amende. Il a été jugé en canonique et un de mes prédécesseurs l’a inscrit dans l’aumônerie militaire où il se comporte de façon remarquable. L’aumônier me le dit, il est contrit, suivi psychologiquement, qu’est qu’on en fait ? ». Mgr Ravel appelle de ses vœux « une décision collégiale de l’Église de France ». C’est une question, une vraie question, que je veux poser, pas seulement aux autorités ecclésiastiques, souligne Mgr Ravel au micro d’Un jour, Un évêque, cette question, il veut également la poser au peuple de Dieu, reprenant la lettre du pape François, si vous me dites, « non, nous, on ne veut plus de ces prêtres-là, et bien c’est une indication importante. »  


« Si nous ne sommes pas persuadés de la nécessité actuelle d’une thérapie collective pour l’Église, nous continuerons d’être solidaires, même inconsciemment, de ces actes », insiste-t-il, notant l’« imprescriptibilité psychique et spirituelle » de ces « crimes« , « à la lumière de ce que j’ai pu entendre ces derniers mois, ces dernières années, il y a effectivement une gangrène et même si ce n’est pas la faute de la main, si le pied est gangrené, et bien la main souffre aussi. » « Il faut des prêtres dans l’Eglise, la question c’est comment ? » conclut-il.

Le pape François vient d’annoncer qu’il convoquera du 21 au 24 avril 2019 tous les présidents de conférences épiscopales du monde entier pour évoquer la question des abus sexuels et la protection des mineurs. Une première dans l’histoire de l’Eglise. La Conférence des Evêques de France a annoncé, dans la foulée, sa volonté de rencontrer des victimes d’abus sexuels lors de la prochaine assemblée plénière de novembre. En attendant, l’archevêque de Strasbourg entend rédiger collectivement une « charte de bonne conduite » au sein de son propre diocèse.

 

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