le direct Musique sacrée

L’Église de France livre ses réflexions sur la bioéthique

Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, à la tête du groupe de travail sur la bioéthique pour la Conférence des évêques de France, a donné la vision de l’Église concernant les Etats généraux de la bioéthique et la loi qui s’annonce.

Boileau disait : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément ». C’est dans cet esprit que Mgr d’Ornellas a présenté à la presse les réflexions du groupe de travail sur la bioéthique. Composé de cinq évêques et deux prêtres, il a pour mission de produire « une parole réfléchie, argumentée et livrable » lors des débats publics des Etats généraux de la bioéthique. « Je ne veux plus entendre un catholique dire ‘ça me dépasse’ », annonce-t-il d’entrée de jeux. Il souhaite que les chrétiens, et les personnes de bonne volonté, se saisissent de ces questions et participent au débat. Pour Mgr Pierre d’Ornellas, il ne faut pas laisser la parole uniquement aux spécialistes. « Ce faux pouvoir des scientifiques est un faux pouvoir du savoir », précise-t-il. Le savoir ne doit pas devenir l’unique source de l’éthique, mais l’éthique doit diriger la recherche scientifique.

Des fiches pour les chrétiens

Le groupe de travail de la CEF a mené des discussions avec des experts de toutes les disciplines, aussi bien médicale que philosophique, sociologique. Le résultat est un fiche récapitulative écrite à plusieurs mains.

Cette fiche recto verso en trois parties résume ce que pense l’Eglise. Mgr d’Ornellas explique ce que peuvent faire les chrétiens de ses fiches.

La collégialité n’a pas été source de discorde entre les évêques car ils vont dans le même sens.

Les divergences viennent surtout de la manière de faire de chacun, de là d’où il vient aussi.

La défense du plus faible comme maître-mot

L’Église, au travers de ce travail, cherche à défendre le plus faible, les personnes en vulnérabilité et non la vulnérabilité elle-même. Il faut aussi rester ancré dans le réel : garder le temps de la réflexion et ne pas masquer cette vulnérabilité de l’être humain.

Une manière de faire : le dialogue

Sur la manière de « peser » dans les débats, la CEF a décidé de rédiger un livre livrant les réflexions sur le sujet durant l’été. Plus qu’une position, les évêques vont essayer d’apporter leur discernement afin de trouver le chemin de la vérité. Ils vont aussi répondre à toutes les sollicitations que l’état peut faire envers eux. Cependant, ils ne feront pas de lobbying, car il faut prendre le temps d’une vraie rencontre, d’un dialogue de vérité « pour trouver ensemble le chemin vrai », appuie Mgr d’Ornellas. Pour lui, le lobbying ne prend pas ce temps nécessaire, et, est à sens unique.