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Le pape ne se rendra pas à Taïwan pour l’instant

Le Vatican a annoncé qu’une visite papale à Taïwan n’est pour l’instant pas prévue alors que des accords entre la Chine et le Saint Siège viennent d’être signés.

Taïwan continuera d’inviter le pape à visiter l’île après que le Vatican a décliné sa récente invitation, dans le sillage de la signature d’un accord historique entre le Saint-Siège et Pékin, a indiqué vendredi son gouvernement.

Le vice-président Chen Chien-jen, lui-même catholique, a adressé cette invitation au pape dimanche 14 octobre , au cours d’une audience au Vatican, avant la cérémonie de canonisation du pape Paul VI. Taïwan souhaite renforcer ses relations avec le Vatican, seul Etat européen à le reconnaître, après la signature le mois dernier d’un accord historique entre le Saint-Siège et Pékin sur la question de la nomination des évêques.

Cet accord, qui ouvre la voie à un rapprochement entre la Chine et le Vatican, soulève des questions sur l’avenir des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Taïwan, que Pékin cherche à isoler. Pékin considère Taïwan comme une partie de son territoire ayant vocation à être réunifiée à la Chine continentale et exige des pays avec qui elle entretient des relations diplomatiques de renoncer à reconnaître Taïwan en tant que pays indépendant.

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Le Vatican a indiqué, dans un communiqué, hier , qu' »une visite du Saint-Père (à Taïwan) n’était pas prévue« . Mais Taïwan, qui compte environ 300.000 catholiques, ne s’avoue pas vaincu. « Ces dernières années, la conférence des évêques et nous-mêmes avons lancé des invitations au pape pour faire l’expérience par lui-même de la liberté religieuse et des progrès dans de nombreux domaines« , a fait savoir le ministère taïwanais des Affaires étrangères dans une déclaration à l’AFP vendredi.

« Nous continuerons d’inviter le pape à visiter Taïwan et espérons que le Vatican pourra l’accepter« , a-t-il ajouté. Les dirigeants taïwanais s’étaient déclarés convaincus que la visite dimanche de M. Chen au Vatican renforcerait les relations entre l’île et le Saint-Siège et que le Vatican n’abandonnerait pas Taïwan. L’île de Taïwan vit sa propre destinée depuis 1949, quand les nationalistes du Kuomintang (KMT) ont fui la Chine continentale après leur défaite face aux troupes communistes de Mao Tsé Toung.

Mais Pékin la considère toujours comme une partie intégrante de son territoire. Taïwan a perdu cinq alliés ces deux dernières années. Les relations entre Taïwan et la Chine se sont dégradées depuis que Tsai Ing-wen a accédé à la présidence en 2016, car elle refuse de reconnaître que l’île fait partie d’une « seule Chine ».