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La bière de Saint Wandrille a sa nouvelle recette

Nous avons croisé Frère Matthieu au Salon de l’Agriculture. Moine bénédictin de Saint Wandrille, il est un des frères brasseurs. Un an après notre dernière rencontre, il nous parle des évolutions de cette bière moniale unique en France. 

Souvenez-vous, il y a un an nous vous parlions de Frère Matthieu et Frère Christian. Ils étaient retournés sur les bancs de l’école pour y apprendre le métier de brasseurs. Après un don de kit de brasseur, les moines de Saint-Wandrille avaient décidé de se lancer dans la bière pour trouver de nouvelles sources de financement. Pari réussi pour Frère Matthieu sur le plan technique et commercial, puisque les frères ont eu le temps de faire évoluer cette bière « en un an, on a eu le temps de pouvoir se l’approprier. On a refait des petits investissements pour mieux contrôler la qualité du produit, le management de la levure par exemple a beaucoup fait évoluer la recette, ce qui donne maintenant une amertume un peu plus franche, un peu plus prononcée et moins de sucres résiduels, donc une bière beaucoup plus sèche qui s’accorde encore mieux avec le fromage gras et les charcuteries de Normandie ».

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Voilà qui devrait réjouir les amateurs de bières et de lipides ! Le frère brasseur estime que désormais la recette est arrivée au bout et est à l’équilibre,  « on a une meilleure constance dans notre qualité de produits, on est toujours dépendant des matières premières mais c’est ce qui fait la beauté du produit artisanal aussi. Maintenant on est beaucoup plus professionnel sur l’utilisation du matériel ». Une réussite qui permet aux moines de penser à l’avenir avec un nouveau produit, « on réfléchit  très profondément, à une nouvelle bière cet été, comme on l’avait déjà promis: une bière plus blonde, moins amère, plus fraîche et beaucoup houblonnée  que celle que nous avons actuellement ».

Quand on fait le bilan, un an après, près de 120 000 bouteilles ont été vendues avec une moyenne de 8000 à 10 000 bouteilles mensuelles. Des ventes selon les saisons, mais le bilan est positif, l’année 2017 a permis aux frères de vendre quelques 120 000 bouteilles, avec des points de ventes qui continuent de se multiplier comme à la Procure ou à la boutique de l’artisanat monastique. Il n’y a qu’une chose à retenir, vivement l’été ! En attendant, les frères ont un stand dans le pavillon 3, secteur normandie où vous pouvez acheter de la bière en bouteille sur le stand.

Un peu d’histoire

La bière a fait la renommée de nombreuses abbayes pendant des siècles. Si avant, le brassage était une activité réservée aux femmes, les moines prirent peu à peu le relais dès le début du Moyen-Âge. On leur accorde d’ailleurs la découverte du houblon. Le brassage leur a également donné des privilèges. Privilèges que Charlemagne leur donnera en 768 en leur accordant l’exclusivité. Les laïcs pouvaient brasser mais devaient s’acquitter de la « taxe de Gruyt » qu’ils reversaient aux moines.

La dernière chose à savoir sur la bière, c’est que l’on appelle bière qu’à partir de 1435, avant c’était de la cervoise. Plus tard, Charles VIII a défini les statuts des brasseurs de Paris à la fin du 15e siècle. C’est ainsi que la recette de la fabrication de la bière sera plus ou moins unifiée.