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Congrès Mission : la société attend-elle encore quelque chose des chrétiens ?

Jusqu’à ce dimanche 30 septembre, Congrés Mission propose des clefs pour l’évangélisation. Évangéliser, oui, mais la société attend-elle encore quelque chose des chrétiens ? Témoignages. 

« Ce sont les minorités créatives qui déterminent l’avenir. En ce sens, l’Église catholique doit être vue comme une minorité créative possédant un héritage de valeurs qui ne sont pas des choses du passé mais une réalité très vivante et actuelle« . C’est par les mots de Benoît XVI, qu’Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix,  a choisi d’introduire cette table ronde. C’est Guillaume Cuchet, historien, qui dresse le panorama actuel du catholicisme en France. Il rappelle qu’il y a trois « faits » à identifier. Le premier, c’est le déclin du catholicisme, « le chanoine Fernand Boulard disait que 93 % de la génération baby boom étaient baptisés dans les trois premiers mois de vie, aujourd’hui c’est 30 % ». Le second, c’est la diminution du taux de pratique dominical, « il était de 25 % chez les adultes en 1965, mais il existait des contrastes d’une région à une autre. Il pouvait y avoir 60 % de pratiquants dans le Limousin et 10% dans l’Ardèche. Il y a un décrochage spectaculaire aujourd’hui, un devenir minoritaire mais ce n’est pas pour autant un décès programmé. On est en train de se demander quel destin nous avons. » Enfin Guillaume Cuchet souligne la « montée des non affiliés, qui ne déclarent aucune religions. Cette baisse du catholicisme a nourri les non affiliés. 63 % des jeunes aujourd’hui ne déclarent aucune religion ». « Je ne sais pas ce que la société attend des chrétiens mais il y a deux types de théorie, ce qui nous arrive en Europe, en France, c’est la sécularisation de la société. Ce qui se passe chez nous, chacun y viendra un jour, à son rythme ». D’autres disent que les européens sont trop euro-centrés. Et qu’ailleurs ça se passe autrement. Si le christianisme, s’il doit avoir un avenir, ça passera par nous« , conclut-il.

Pour Mélanie Duflot, médecin et missionnaire à Anuncio, notre société ne connaît plus le Christ, « lors des missions d’évangélisation de rue, j’ai rencontré des gens qui ne connaissent pas la Bonne Nouvelle. J’ai un jeune Jordanien qui m’a dit que le déclin du catholicisme a commencé avec la mort du Roi. D’autres qui m’ont dit qu’ils croyaient à une petite étoile mais ils ne connaissaient pas le nom de Dieu ». Pour la jeune médecin, ce sont des figures de l’Amour de Dieu qui parle le mieux de Dieu, « Mère Teresa c’est un boulevard pour l’évangélisation, c’est un parfait témoin. La société attend un message de miséricorde, le pape François dit « vivre et regarder avec miséricorde, c’est cela la sainteté, ça c’est ce qu’attend la sainteté ». Dans son travail, il n’est pas question d’évangélisation, « il faut être témoin d’espérance et faire une annonce explicite, l’idée n’est pas d’imposer Dieu mais d’éclaire une présence. »

Mais l’Eglise forge-t-elle encore les attentes de nos contemporains ? « C’est une question à poser à notre foi, nous croyons que Dieu continue à forger les attentes alors que l’Eglise n’a plus la même emprise que ce soit avec le catéchisme par exemple » explique Mgr Bordeyne, recteur de l’Institut Catholique de Paris . « Les jeunes ont changé, mais je suis témoin que Dieu continue à appeler ». Comment collaborer avec Dieu qui appelle dans un monde qui a changé ? C’est toute la question souligne Mgr Bordeyne.