le direct Musique sacrée

« Témoin de la sainteté de Jean-Paul II », le cardinal Bergoglio raconte

130313152822-03-bergoglio-pope-0313-horizontal-gallery

Alors qu’il était encore cardinal de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio a été invité à témoigner à la barre du procès pour la béatification et la canonisation de Jean-Paul II.

En quelques fioretti, celui qui accèdera quelques années plus tard à la charge pontificale, dresse le portrait du pape polonais tel qu’il l’a connu.

Dans son édition du 22 avril 2014, le quotidien italien News Cattoliche retranscrivait le récit touchant de « son expérience personnelle auprès du serviteur de Dieu, Jean-Paul II », nous faisant entrer dans l’intimité des rencontres de l’argentin Jorge Mario Bergoglio avec Jean-Paul II.

« Moi, Bergoglio, je suis témoin de la sainteté de Jean-Paul II »

Un pape en raconte un autre. « J’ai connu personnellement Jean-Paul II en décembre de l’année durant laquelle le cardinal Martini fut nommé archevêque de Milan », se souvient le cardinal de Buenos Aires. « J’ai eu la très nette impression qu’il priait très profondément ». Cette piété, il l’a également constatée dans son attitude avant la messe. Jorge Mario Bergoglio, qui a eu l’honneur de concélébrer avec le pape Jean-Paul II a été saisi par la façon qu’il avait de préparer la célébration. Il décrit un pape « agenouillé dans sa chapelle privée, dans un profond recueillement ». « J’ai remarqué qu’il lisait quelque chose sur une feuille qu’il avait en face de lui. Il prenait son front entre ses mains. Il était très clair qu’il priait avec une profondeur intense. Il relisait ensuite quelques autres phrases sur ce même feuillet et reprenait son attitude de profonde prière. Il faisait ainsi jusqu’à ce qu’il eut terminé. Alors, il se levait et il allait enfiler son aube ».

Leur deuxième rencontre date de 1987 lors du second voyage du pape en Argentine, un entretien bref qui lui valut cependant de remarquer « son regard, le regard d’un homme profondément bon ».

Un pape animé d’une charité profonde et vraie

Le pape Jean-Paul II raconté par son successeur, était doté d’une excellente mémoire, presque sans limite, capable de se rappeler de tous les endroits, de toutes les personnes et de toutes les situations qu’il avait connues lors de ses voyages. « C’est un signe qui montre qu’il prêtait la plus grande attention à chaque circonstance et en particulier aux relations humaines. Pour moi, c’est une preuve d’une charité profonde et vraie. De plus, il offrait beaucoup de son temps lorsqu’il recevait des évêques. Je peux le dire parce que lorsque j’étais archevêque de Buenos Aires, je l’ai rencontré plusieurs fois personnellement. Moi, j’étais un peu timide et réservé, au moins dans une telle circonstance. Après lui avoir parlé de certains sujets qui devaient être abordés, il faisait un geste pour que je me lève afin de ne pas lui faire perdre son temps – pensais-je du moins –  mais en fait, il me prenait dans ses bras et m’invitais à m’assoir de nouveau en me disant : Non non ! Reste, et continue à me parler » relate le prélat argentin.

Une vie de serviteur et une mort héroïque

Le pape y fait état du caractère unanime que revêt la sainteté du pape Jean-Paul II : « Lorsqu’il était en vie, j’ai toujours considéré Jean-Paul II comme un homme de Dieu et tous ceux qui le rencontraient pensaient la même chose. »

« Ma troisième rencontre avec Jean Paul II fut en 1994, lorsque j’étais déjà évêque auxiliaire de Buenos Aires et j’avais été élu par la Conférence Épiscopale argentine pour participer au Synode des évêques sur la vie consacrée, qui se déroulait à Rome, poursuit-il dans cette déposition. J’ai eu la joie de déjeuner avec lui et un groupe d’évêques. J’ai beaucoup apprécié sa bienveillance, sa gentillesse et sa capacité à écouter chaque convive. Lors des deux autres Synodes également, auxquels je participais, j’ai eu encore la chance de découvrir son incroyable don d’écoute. Lors des entretiens individuels que j’ai pu avoir avec le serviteur de Dieu, j’ai eu la confirmation de son immense désir d’écouter son interlocuteur sans poser de questions, ou bien seulement quelques unes à la fin, et surtout, il montrait clairement qu’il ne posait aucun jugement sur toi. On avait l’impression que même lorsqu’il n’était pas totalement d’accord sur ce qui avait été dit, le serviteur de Dieu ne le disait pas forcément afin de ne pas mettre mal à l’aise son interlocuteur. Mais si des observations ou des questions devaient être entendues, il n’hésitait pas ».

« Sa mort, comme je l’ai déjà dit, conclut, celui qui est aujourd’hui Pape, a été héroïque et ce point de vue, je pense qu’il est universel et partagé par tous. Il suffit de penser aux manifestations d’affection et de vénérations que lui ont réservées les fidèles tout au long de sa vie. Après sa mort, sa Sainteté a été confirmée par le Saint Père Benoît XVI qui a décidé de supprimer les cinq années prescrites pour la canonisation, afin de permettre le début immédiat de sa cause de canonisation. L’incessant pèlerinage sur sa tombe, de gens de toutes confessions, en est un autre signe également ».

Sources : Aleteia, NewsCattoliche.it